C’est en première partie de The Lumineers, au Centre Bell le 6 mars 2020 — juste avant le grand débranchement — que j’ai découvert leur folk à la fois énergique et rassembleur. Depuis, le groupe n’a cessé de tracer sa route avec des albums qui, à chaque sortie, consolident un succès grandissant.
De leur premier opus éponyme paru en 2018, en passant par Rearrange Us (2020) jusqu’à Orange Blood (2022), leur évolution musicale est manifeste.
Mené par le chanteur Matt Quinn, le groupe originaire de Philadelphie s’impose peu à peu comme l’une des formations les plus prometteuses de la scène folk contemporaine.
Avec ce quatrième album, Mt. Joy s’affirme désormais parmi les poids lourds de la scène folk rock.
Le groupe déploie une écriture d’une authenticité vibrante, filant à toute allure sur les rails de la vie et des efforts que l’on consent pour en tirer le plus de joie et de satisfaction possibles.
Intitulé Hope We Have Fun, le disque aligne treize titres enracinés dans un folk rock habité de blues et de psychédélisme, naviguant avec aisance entre éclats americana et réminiscences des années 70, subtilement actualisées.
La production, confiée une nouvelle fois à Caleb Nelson dans son studio de Los Angeles, apporte la cohérence nécessaire : c’est lui, visiblement, qui tient la clef de cette exploration musicale toujours plus audacieuse.
Avec Hope We Have Fun, Mt. Joy partage des chansons qui capturent ces instants où la vie nous percute de plein fouet : les efforts acharnés, les sacrifices silencieux pour atteindre les sommets, les blessures invisibles de la santé mentale qui s’installent quand la cadence faiblit, mais aussi la force du collectif et la solidarité face aux tempêtes.
C’est, avant tout, un album qui s’ouvre sur ce saut dans le vide que représente l’existence — ce monde parfois absurde, souvent intense — dans l’espoir d’en tirer le meilleur, de goûter au plaisir et de saisir un fragment de sens.
La plume, à la fois introspective et teintée d’une autodérision touchante, nous charme à chaque refrain rassembleur de ce quatrième opus de Mt. Joy.

Mt. Joy affine encore sa signature sonore, entre folk feutré et montées électriques teintées de blues et de psychédélisme. Sam Cooper, aux guitares, façonne des ambiances à la fois aériennes et vibrantes, soutenu par Jackie Miclau, aux claviers, piano et chœurs, dont les interventions ajoutent relief et profondeur.
La basse groovy de Michael Byrnes, les chœurs, et la batterie à la fois précise et enivrante de Sotiris Eliopoulos forment une section rythmique solide et inspirée. Au cœur de cette alchimie, la voix chaleureuse et habitée de Matt Quinn, ainsi que ses guitares et son ukulélé pleins de soleil, donnent à chaque morceau sa charge émotionnelle.
Je me vois déjà parcourant des kilomètres sur la route de mon quotidien, augmentant le volume pour me laisser immerger dans la musique folk rock du groupe, qui continue de faire ce qu’il fait de mieux : un folk rock harmonieux, percutant et brillant. Hope We Have Fun ne fait pas exception à la règle.
À chaque écoute, on y puise une dose de plaisir qui vient effacer nos tracas.
J’espère que vous prendrez autant de plaisir à écouter cet album dynamique que j’en ai eu moi-même.
9/10
Chansons favorites
- Coyote
- In The Middle (avec Gigi Perez)
- God Loves Weirdos
- More, More, More
- Lucy
- Groove In Gotham
- Hope We Have Fun
- Wild and Rotten (avec Nathaniel Rateliff)