[Critique] Cardinal Black-Midnight at the Valencia

 

 

 

Après une pause imposée par la pandémie, le groupe gallois Cardinal Black est revenu en force avec un EP homonyme, marquant une résilience admirable face aux aléas de la vie.

Ce retour a été suivi, en 2022, par January Came Close, un premier album venu solidifier leur identité sonore : un rock blues moderne, intense et habité.
Mais une question demeurait : le trio formé de Tom Hollister, du guitariste virtuose Chris Buck et du batteur Adam Roberts allait-il réussir à surmonter la profonde léthargie artistique provoquée par la crise sanitaire ?

Avec leur deuxième album, Midnight at the Valencia, Cardinal Black refait surface avec l’intention claire de raviver la flamme. Leur musique, plus incandescente que jamais, promet de continuer à embraser les cœurs et les scènes.

Midnight at the Valencia s’impose comme un recueil de 11 titres baignés dans un heartland rock voluptueux et vaporeux, traversé de réminiscences blues profondément enracinées dans l’âme de la soul, et teinté de folk rock mélancolique.
Entre Tom Petty & The Heartbreakers, Joe Bonamassa, City and Colour et Ariel Posen, le groupe affirme ici une filiation noble tout en cultivant sa propre voix.

Produit par Cyrill Camenzind (James Morrison, Alain Clark) aux Powerplay Studios de Zurich, ce second opus déploie une richesse émotionnelle palpable.

Le trio y explore les failles de l’amour rongé par le doute, les ravages du deuil, mais aussi les traces de leur propre parcours — des bars obscurs aux grandes scènes internationales.

Un disque à la fois intime et puissant, empreint de maturité et de profondeur.

 

Sur le plan musical, la magie opère toujours. La voix rauque et feutrée de Tom Hollister captive d’entrée de jeu, portée par les guitares blues-soul introspectives de Chris Buck et la batterie subtile et précise d’Adam Roberts.
L’ensemble est sublimé par des chœurs féminins qui évoquent l’âge d’or du gospel des années 70, des orgues jazz-soul d’une rare finesse, et des touches de cornemuse ou d’harmonica, qui confèrent au disque une chaleur organique et une authenticité saisissante.

Certes, on aurait souhaité entendre davantage de morceaux au tempo plus soutenu, mais le blues moderne et luxuriant que propose le groupe demeure irrésistible.
Avec Midnight at the Valencia, Cardinal Black confirme tout son éclat et s’impose avec une maîtrise remarquable.

Dominé par des ballades puissantes, cet album séduit par la profondeur émotionnelle de son blues, à la fois bouleversant et d’une élégance rare.

8/10

chansons favorites  :

  • Breathe
  • You Spark (Blow Me to Pieces)
  • Need More Time
  • Holding My Breath
  • Keep On Running