En seulement deux années suivant la sortie remarquable de « A Light For Attracting Attention », The Smile, le projet parallèle de Thom Yorke et Jonny Greenwood de Radiohead, avec la collaboration de Tom Skinner, nous offre un second opus qui continue à nous enchanter avec une musique délicieusement singulière.
À noter la participation du London Contemporary Orchestra dans l’élaboration sonore, promettant ainsi une expérience auditive complexe et jouissive, se détachant davantage de l’esthétique de Radiohead.
Voici « Wall of Eyes », composé de 8 pièces musicales qui naviguent entre des sonorités alternatives, fusionnant le rock progressif, le folk et le jazz psychédélique des années 60-70.
L’ensemble se démarque par une atmosphère développée de manière plus organique par rapport à son prédécesseur.
Dans ce second opus, l’exploration poétique floue s’attarde sur la perception de soi et la complexité des relations humaines, naviguant à travers les virages trop étroits que nous prenons pour éviter les conséquences, la liberté qui rend accroc, ainsi que la hideuse pression de se conformer et d’arborer une façade pour s’adapter aux attentes de la société.
Le trio surprend en décidant de ne pas collaborer avec Nigel Godrich.
À la place, la collaboration s’établit avec Sam Petts-Davis (Red Hot Chili Peppers, Michael Kiwanuka, Roger Waters), et l’enregistrement se déroule aux studios emblématiques d’Abbey Road à Londres ainsi qu’à Oxford.
Cette décision ouvre la voie à une nouvelle vision artistique et sonore de la part de The Smile, démontrant leur volonté de creuser plus profondément au lieu de se contenter de rester dans des territoires artistiques confortables.
Bien sûr, la voix de Thom Yorke demeure la tonalité la plus énigmatique, et la magie qui s’en dégage produit un effet similaire à l’écoute de Radiohead, pour le dire ainsi.

Sur le plan musical, l’explosivité est moindre ; cependant, la batterie pulsative de style jazz de Tom Skinner joue un rôle crucial dans le rythme des guitares à la fois sulfureuses et abrasives de Greenwood.
L’ajout du London Contemporary Orchestra apporte une dimension planante aux refrains, bien ancrée dans l’esprit lors de l’écoute, le tout complété par le saxophoniste Robert Stillman.
« Wall of Eyes » se caractérise par une brume fantomatique sombre et insouciante, créant des moments d’improvisation d’une grande éloquence, dénués de fioritures ou de distractions, où seule la musique prend vie devant nous.
C’est une œuvre complète, empreinte de douceur mais assez tumultueuse pour offrir un spectacle époustouflant à chacune de vos écoutes.
Un autre bel accomplissement de la part de The Smile, ajoutant une touche exceptionnelle à leur répertoire musical.
Chansons favorites :
– Read the Room
– Wall of Eyes
– Under Our Pillows
– Friend of a Friend
– Bending Hectic
– Teleharmonic