
Après trois albums captivants et innovants en plein cœur d’une pandémie plutôt assombrissante—Dreamland (2022), My Ideal (A Tribute To Chet Faker Sing) (2023), et Honeysuckle Switches: The Songs Of Lucinda Williams (2023)—l’auteur-compositeur-interprète Amos Lee revient avec son onzième album.
Cet opus, né d’une période de deuil, a profondément influencé l’artiste de 47 ans. Pour cette occasion, il adopte une approche plus spontanée pour partager sa musique émouvante.
Voici donc Transmissions, un album de 12 morceaux qui retrouve les sonorités folk americana, enrichies de touches de soul, R&B, et de blues, avec quelques incursions légères dans le jazz. Le résultat est nettement plus organique.
Pour cet onzième album, après 20 ans de carrière, Amos Lee choisit de changer sa méthode de production. Il enregistre dans un studio de campagne à Marlboro, dans l’État de New York, construit par le batteur Lee Falco et son père avec du bois récupéré d’une vieille église. Entouré de son groupe de longue date, il parvient à capturer toute la magie de cette expérience.
Cela pousse Lee à travailler pendant de longues heures sur ses mélodies folk-soul, façonnant une œuvre pleine de sensibilité en seulement une semaine de travail intense.
Amos Lee nous offre des hymnes sur le déchirement du deuil, son acceptation, et la quête de sens dans les leçons que la vie nous enseigne. Alors qu’il se rapproche de la cinquantaine, il nous invite également à transformer les choses pour leur donner un sens, malgré la rapidité avec laquelle la vie évolue entre beauté et laideur.

Musicalement, Lee opte pour la simplicité, avec des arrangements de guitare, basse, batterie, piano, et quelques cordes, afin de mettre en valeur la puissance de sa voix soul et introspective, qui soulève de nombreuses questions à travers son interprétation.
Après avoir brillamment interprété Chet Faker et Lucinda Williams, il est agréable de retrouver Amos Lee, l’auteur-compositeur-interprète, qui nous fait partager ses blues existentiels et nous guide dans sa quête de sens.
Après avoir exploré la pop dans ses précédents albums, je suis heureux de retrouver Amos Lee dans ses habits de folk, soul, et americana, évoquant des œuvres telles que Mission Bell (2011), Mountain of Sorrow, River of Songs (2013), et Spirit (2016).
Pour être sincère, ce qui me captive à chaque fois, c’est sa façon poignante de chanter la vie et ses contrastes douloureux, qui transmet des leçons précieuses, même lorsque nous ne les percevons pas immédiatement.
Amos Lee ne fait pas de la musique pour figurer dans les classements, et cela se ressent clairement. Il crée parce que c’est une profonde nécessité, un désir de produire quelque chose qui évolue en nous et nous fait vivre une riche palette d’émotions.
Une œuvre remarquablement construite, née d’une immersion dans les profondeurs sombres de l’esprit.
Transmissions est un album de folk doux qui apaise, console, et nous éclaire sur la vie et le deuil. Rien de superflu, juste de la sincérité.
Chansons préférées :
– Hold On Tight
– Darkest Places
– Built To Fall
– Carry You On
– Transmissions