
Après Coming Home (2015), un album axé sur une soul rétro, Good Thing (2018), teinté de R&B et de jazz soul des années 90, et Gold-Diggers Sound (2021), plus expérimental et nominé aux Grammy Awards pour le meilleur album R&B, Leon Bridges continue de se réinventer.
Bonne ou mauvaise décision, c’est ce que nous allons savoir dans pas très longtemps.
L’auteur-compositeur-interprète texan dévoile ainsi son quatrième album, intitulé simplement Leon, qui reflète l’évolution de son identité artistique une décennie après ses débuts.
Composé de treize morceaux, cet album marie avec audace le néo-soul, le R&B délicat, le blues introspectif, et intègre des touches de folk, de pop et de funk subtil, tout en restant fidèle à l’essence musicale de l’artiste. Il révèle une nouvelle facette de sa créativité.
Enregistré à El Desierto, en banlieue de Mexico, et produit par Ian Fitchuk (Kacey Musgraves, Maggie Rogers), avec la coproduction de Daniel Tashian (Kacey Musgraves) à Nashville, Leon s’inspire des réflexions de Bridges sur son parcours, examinant les bases de l’artiste qu’il était et celui qu’il est devenu avec le temps. L’album se présente comme un voyage à travers ses souvenirs, rendant hommage à ses valeurs, à la famille, au charme intemporel du Texas, et à une nostalgie qui résonne en chacun de nous.
À 35 ans, Leon Bridges livre une écriture plus intime et personnelle, marquée par une maturité acquise avec le temps, s’éloignant des personnages qu’il incarnait auparavant.

Musicalement, on retrouve la soul et le R&B qui l’ont fait connaître, mais cette fois, il établit un pont avec le folk, la pop et même le country, mettant en avant sa voix douce et mélancolique pour raconter des histoires profondément ancrées dans sa propre vie. L’atmosphère générale de cet album est plus mélancolique, voire triste, contrastant avec ses projets précédents.
Cette fois, Leon Bridges se concentre davantage sur les ballades que sur les morceaux dansants, ce qui peut surprendre. J’apprécie son intention, mais malheureusement, ce quatrième album manque un peu de l’énergie groovy qui faisait la force de ses précédents travaux.
Une amie m’a fait remarquer que, d’habitude, Leon Bridges nous fait sourire et danser, mais ici, il nous invite plutôt à la réflexion. On est loin de la soul entraînante à laquelle il nous avait habitués. Il n’y a rien de véritablement mauvais, mais je pense qu’il faudra plus de temps pour pleinement apprécier cet album qui, malgré tout, ne manque pas de profondeur.
L’un des points forts de Leon est qu’il se prête parfaitement à des moments de réflexion ou à de longues escapades sur la route, où l’on contemple la vie qui file.
Même si j’éprouve encore quelques doutes et interrogations, cela ne remet pas en question le talent de Leon Bridges, qui continue de créer des chansons à la fois captivantes et profondément humaines.
Le véritable défi sera de transposer cet album sur scène sans perdre la connexion intime des mélodies de ce quatrième opus.
En fin de compte, je vous encourage à vous faire votre propre idée. Pour ma part, je reste perplexe face à cette nouvelle direction. Une chose est certaine : Leon Bridges suit son instinct, et seul le temps nous dira si c’était le bon choix.
Chansons favorites :
- That’s What I Love
- Panther City
- Ivy
- God Loves Everyone
- When a Man Cries