
Safia Nolin, l’autrice-compositrice-interprète qui fait couler tant d’encre (pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mais là n’est pas la question !), a tracé son chemin depuis son premier album Limoilou (2015).
Avec cet opus, elle s’est ancrée dans nos cœurs, tissant une toile mélancolique dans nos esprits rêveurs.
Depuis dix ans, elle explore des sentiers à la fois sombres et lumineux à travers des œuvres comme Dans le noir (2018), Reprises Vol. 1 (2016) et Reprises Vol. 2 (2019). À chaque fois, elle nous livre cette mélodie hypnotique où l’emo et la nostalgie s’entrelacent, telles des vagues infinies qui nous bercent et nous chavirent.
Aujourd’hui, après la parenthèse tourmentée de SEUM, Safia entame un nouveau chapitre, sans label majeur, avec son troisième album de chansons originales.
Voici UFO Religion, une offrande lo-fi folk où chaque mot, chaque souffle semble transpercer l’âme. La beauté de l’œuvre réside dans sa simplicité : une poésie émouvante, presque fantomatique, qui se glisse dans les silences. Enregistré en pleine nature, ce disque, coréalisé avec Marc-André Labelle, respire à travers des mélodies éthérées, comme des murmures portés par le vent.
Les mots de Safia Nolin saignent de blessures anciennes, résonnent de douleurs universelles, se posent sur les cicatrices du monde et tracent les contours des débats sociaux les plus brûlants, un hommage bouleversant à Karim Ouellet. Mais derrière cette gravité se dévoilent aussi ses failles personnelles, palpables dans chaque note qui fend l’air.
Sa poésie est celle du mal de vivre, une onde sombre qui frappe sans prévenir, comme l’écho de nos tourments intérieurs.

Musicalement, c’est une catharsis, une épuration : des guitares dépouillées, un flugelhorn discret et la nature qui, elle aussi, chante à travers les craquements de l’âme.
Si les atmosphères pesantes et chargées de tristesse ne te parlent pas, cet album risque de ne pas te séduire. Mais si tu aimes t’abandonner à une musique lente et envoûtante, tu es exactement au bon endroit pour te laisser emporter.
Safia Nolin reste fidèle à ce qu’elle sait faire de mieux : une musique qui brise le cœur et résonne comme un dernier souffle avant l’apocalypse.
Chansons favorites :
– Nos mauvaises langues
– Août
– Pizzaghetti
– Et si,de
– La fin du monde
– Claps