
Depuis 25 ans, Doves façonne un rock lumineux et intense à travers des albums marquants : Lost Souls (2000), The Last Broadcast (2002), Some Cities (2005) et Kingdom of Rust (2009).
Après une pause de dix ans, le groupe fait son grand retour en 2020 avec The Universal Want, renouant avec sa magie.
Mais leur tournée est malheureusement annulée en raison des problèmes de santé mentale de Jimi Goodwin, en pleine lutte contre l’alcoolisme.
Comme si cela ne suffisait pas, le groupe perd également son studio, le Frank Bough Sound III à Hatton, dans le Cheshire, leur base depuis 14 ans.
Malgré ces épreuves, Doves n’a jamais renoncé.
Aujourd’hui, le trio composé de Jimi Goodwin et des jumeaux Jez et Andy Williams revient avec un sixième album chargé d’émotions et de contrastes.
Constellation For The Lonely propose dix morceaux d’un indie rock sombre, imprégné d’une atmosphère quasi apocalyptique, teinté de soul et de psychédélisme.
On y retrouve des influences allant de Vangelis à The Cure, en passant par Peter Gabriel et les Isley Brothers.
Écrit, enregistré et produit par Doves entre Manchester, le nord du Pays de Galles et le Cheshire, avec leur fidèle complice Dan Austin, cet album est profondément personnel.
Jimi Goodwin y exprime sa gratitude d’être encore en vie et son chemin vers la guérison, entre lutte contre l’anxiété, pardon de soi et volonté d’aller de l’avant. Il s’inspire notamment de l’histoire fascinante de Thérèse d’Ávila, religieuse espagnole du XVIe siècle, dont le corps fut exhumé et envoyé à travers toute l’Europe. Mais il y exorcise aussi ses démons intérieurs et extérieurs, puisant notamment dans l’univers du film Paris, Texas de Wim Wenders (1984).
Cet album est un refuge pour les âmes en quête de lumière dans la tourmente – et les textes en témoignent : intenses, poignants, sans concession.

Musicalement, Doves offre un son panoramique, mêlant guitares indie-rock tourbillonnantes, batterie expansive aux accents psychédéliques, basse funky envoûtante et synthés cinématographiques. La voix mélancolique de Jimi Goodwin domine, rehaussée par celle, plus lumineuse, de Jez sur certains morceaux.
Quelques cordes et même un soupçon de mandoline viennent enrichir l’ensemble avec une profondeur remarquable.
Pour en saisir toute la richesse, Constellation For The Lonely s’écoute idéalement d’une traite. Doves y persiste et signe son œuvre la plus percutante depuis Lost Souls, du moins selon moi.
Une chose est sûre : Doves demeure aussi inspiré que pertinent.
Chansons favorites :
- Cold Dreaming
- Strange Weather
- A Drop In The Ocean
- Saint-Teresa
- Southern Bell