
Alors que nous évoluons dans une époque aussi déstabilisante que chaotique — marquée par les abus de pouvoir de Trump, une planète qui perd chaque jour de son éclat, et des divisions sociales de plus en plus violentes et gratuites —, certains projets musicaux agissent comme de véritables bouées d’espoir.
Pendant ce tumulte, un trio de chez nous résiste avec grâce. Il persiste à créer une musique jazz lumineuse, réconfortante, qui dissipe les nuages à travers les bourrasques de la vie.
Son nom : Papillon Social Club, composé de la brillante Cassandre Henry au piano, du solide Sam Paquette à la contrebasse, et du subtil Christophe Rosset-Balcer à la batterie.
Ensemble, ils livrent une odyssée instrumentale intitulée Dur de la feuille : 12 pièces où se croisent un jazz chatoyant, une pop scintillante, et un néoclassicisme délicatement suggéré.
Enregistré au Camp musical de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, l’album s’inscrit dans des arrangements à la fois volatils et immersifs, évoquant tour à tour le Vince Guaraldi Trio, Chilly Gonzales et Yann Tiersen.
À travers une contrebasse au groove charismatique, un piano oscillant entre jazz contemporain et touche classique, et une batterie puisant dans les rythmes du monde, Papillon Social Club nous entraîne dans un univers sonore à la fois élégant et réconfortant.
Le tout est rehaussé par la présence du cymbalum, un instrument à cordes frappées d’Europe de l’Est, brillamment interprété par Charles-Antoine Frandelion, qui ajoute une dimension singulière à l’album.
La musique de Dur de la feuille résonne tout en douceur et accompagne avec justesse chaque moment du quotidien : une marche printanière, un après-midi contemplatif, ou un latté savouré en silence.
Ce disque est un dialogue sensible entre musiciens complices, une œuvre instinctive et imaginative dont nous sommes les spectateurs privilégiés.

Papillon Social Club explore ici l’alchimie du jazz avec une joie palpable, comme une petite fête musicale pleine de chaleur et de spontanéité.
Une bouffée d’air frais qui vient colorer les zones grises de nos journées.
Avec une pochette aussi soignée que le contenu, Dur de la feuille est un album de jazz accessible, finement ciselé, qui vise juste et qui procure un immense plaisir à chaque écoute.
Un disque qui tombe à point nommé pour faire danser un peu de lumière dans nos jours sombres.
À écouter en boucle :
- Vers Gris
- Appel
- Erotic Encounter Between Two Caterpillars
- Petite fête
- Le Rave
- Réponse
- Alchimie, phase deux
- Jouer de la musique
- Culbute de dernier crie