
Je n’avais encore jamais entendu parler de Gigi Perez, autrice-compositrice-interprète cubano-américaine de 25 ans, avant de découvrir récemment son irrésistible ascension grâce à ses chansons célestes et percutantes, Sailor Song et Please Be Rude.
Le parcours de Gigi est marqué autant par la tragédie que par la résilience : la perte de sa sœur aînée au début de la pandémie – dont les messages vocaux parsèment son album –, une rupture amoureuse déchirante, puis l’émergence d’un succès viral avec son EP (How to Catch a Falling Knife), qui l’a propulsée en première partie de Coldplay ,Hozier et de Noah Cyrus.
Portée par ce tourbillon d’émotions et d’événements, elle nous livre aujourd’hui At The Beach, In Every Life, un premier album de 12 pièces profondément ancrées dans un folk émo à tendance grunge, majoritairement acoustique, avec quelques incursions discrètes dans la pop-électro.
L’univers de Gigi Perez navigue quelque part entre Dashboard Confessional, Jeff Buckley, Bon Iver,Radiohead et The Paper Kites.
Écrites et produites par Perez elle-même, avec l’aide ponctuelle de ses amis Noah Weinman et Aidan Hobb, ces chansons dévoilent des hymnes bouleversants sur le deuil et la solitude, tout en laissant entrevoir une lumière d’espoir portée par l’éveil d’un amour naissant.
Le voyage qu’elle nous propose est tumultueux et viscéral : elle explore la résilience née de la douleur, la fracture de la rupture, à travers une plume très personnelle, comme un journal intime.
Sa voix alto, remarquable d’intensité, ajoute une profondeur vibrante à chacune de ses compositions.

À travers les enregistrements vocaux de sa sœur disparue, qui ponctuent l’album, Perez tisse des arrangements peu conventionnels : de massives et immersives guitares acoustiques, peu de percussions, quelques touches discrètes de claviers et de cordes, ainsi qu’un travail impressionnant de superposition vocale, à la fois puissant et nuancé.
Même si l’ensemble est principalement composé de ballades, Gigi Perez livre son âme entière, et cela se ressent dans chaque refrain, poignant et vertigineux.
Seule ombre au tableau : une incartade électro avec beatbox et claviers qui, à mon goût, détonne un peu trop avec la parfaite alchimie du reste de ce premier opus.
Avec At The Beach, In Every Life, Gigi Perez nous offre l’album idéal pour les jours de pluie ou ces moments où les mots nous manquent et où l’on se laisse simplement porter par les émotions.
Chansons favorites :
– Normalcy
– Sailor Song
– Fable
– Chemistry
– Sleeping
– Please Be Rude
– At The Beach, In Every Life
– Nothing ,Absolutely