
Trois ans après avoir marqué les esprits avec Cérémonie (2022), Le Portier — formation expérimentale issue du corridor Québec-Montréal — revient avec une proposition musicale renouvelée. Le duo, composé de Zagata (alias Jesse Proteau) et du pianiste Vincent Réhel (collaborateur de Robert Charlebois, Dumas, Isabelle Boulay, Rickie Lee Jones, Marc Déry, Ariane Moffatt, Diane Tell, Les Duos improbables, etc.), poursuit son exploration sonore.
Cette fois, leur univers planant glisse vers des textures plus groovy, sans jamais perdre de vue la force narrative et la délicatesse de leurs mélodies ambiantes.
Avec Cérémonie II, un micro-album de six titres, Le Portier approfondit sa quête sonore en fusionnant habilement le R&B, la soul aux accents seventies et une pop funk finement dosée.
Dans une esthétique organique et enivrante, le duo livre une œuvre raffinée, portée par une instrumentation chaleureuse et vivante. Pour l’occasion, ils s’entourent de musiciens chevronnés : le batteur virtuose Max Sansalone (Kid Koala, Damien Robitaille) et le bassiste François Plante (Dumas, Ariane Moffatt), qui ajoutent profondeur et groove à l’ensemble.
À mi-chemin entre Teddy Swims, Michael Kiwanuka et Hozier, Le Portier propose des chansons immersives qui plongent l’auditeur au cœur des émotions les plus instables et les plus lumineuses à la fois : l’amour, le désir et son souffle, le temps qui passe comme une étoile filante dans un ciel d’été.
La poésie, souvent brillante, peut parfois sembler un peu floue — non pas banale, mais moins percutante à certains moments. C’est peut-être là où l’album me touche un peu moins.

Mais c’est sur le plan musical que le duo se distingue pleinement.
Les voix, puissantes et intemporelles, chassent la mélancolie comme un jeu de chat et de souris. Les claviers, étincelants et cinématographiques, s’appuient sur une section rythmique et des guitares plus cadencées que sur leur première offrande.
L’ensemble est entrecoupé d’interludes instrumentaux riches et oniriques, portés par un piano frissonnant.
Une fois de plus, le savoir-faire du duo brille avec éclat, confirmant leur place singulière dans le paysage musical québécois.
Avec Cérémonie II, Le Portier continue d’élargir ses horizons sonores et d’ouvrir une porte fascinante vers l’imaginaire.
Espérons qu’il ne s’agisse que d’un avant-goût d’un deuxième album à venir, car Le Portier insuffle un vent de liberté et de fraîcheur dans la musique actuelle.
Chansons coups de cœur :
– Jamais assez
– Boucler la boucle
– Dernier cri
– Libre et Mortel II (version piano)