Counting Crow -Butter Miracle ,The Complet Sweet!

Depuis plus de trente ans, Counting Crows fait rayonner sa signature musicale en livrant des albums marquants qui ont solidifié sa réputation.

Du mythique August and Everything After (1993) au percutant Recovering the Satellites (1996), en passant par This Desert Life (1999), Hard Candy (2002), mon préféré, l’ambitieux Saturday Nights & Sunday Mornings (2007), ainsi que Underwater Sunshine (2012) et Somewhere Under Wonderland (2014), le groupe a toujours su conjuguer authenticité et évolution sonore.

Souvent – et à tort – associé à la mouvance grunge des années 1990, le groupe emmené par Adam Duritz a su tracer sa propre voie et s’imposer parmi les figures majeures du rock américain.

Après 11 ans de silence discographique — si l’on exclut l’EP Butter Miracle, Suite One paru en 2021 et ses quatre morceaux — Counting Crows est de retour avec un huitième album studio.

Un disque conçu comme une lettre d’amour au rock’n’roll classique, porté par l’éclat et la passion qui ont toujours animé la formation.

Avec Butter Miracle, The Complete Sweets!, Counting Crows rassemble les quatre morceaux de l’EP paru en 2021 — désormais remixés et retravaillés — auxquels s’ajoutent cinq nouvelles compositions. Le résultat : un ensemble de neuf titres qui fusionnent un rock’n’roll old school réconfortant avec des touches de blues, de soul et de folk-country introspectif.

Un voyage sonore empreint de nostalgie et d’authenticité.

Le tout produit par Brian Deck (Nathaniel Rateliff, Iron & Wine, Modest Mouse), également l’homme derrière mon album préféré, le double et incroyable Saturday Nights & Sunday Mornings (2007).

Duritz et ses comparses signent ici de véritables hymnes introspectifs, explorant les chemins de vie empruntés pour donner un sens à l’existence : transformation personnelle, quête de réconfort dans la foi, solitude choisie, déclin sociétal et désir d’indépendance.

Mais au cœur de l’album, c’est surtout une méditation lucide sur le passage du temps — un regard sur la jeunesse d’hier confrontée à un présent dominé par le numérique, où la technologie semble prendre le pas sur l’humain.

Il y avait bien longtemps que la musique des Counting Crows ne m’avait procuré une telle extase.

Et la plume d’Adam Duritz, toujours aussi habile et incisive, frappe à nouveau juste, reprenant le fil là où elle avait laissé une empreinte forte.

Côté musical, on retrouve cette signature si familière : un rock organique aux accents classiques, mêlant guitares électriques, pedal steel, touches de blues et une pointe d’énergie punk, dans la plus pure tradition du groupe.

Entouré de ses complices de longue date — David Bryson à la guitare rythmique, Charlie Gillingham aux claviers (piano, orgue Hammond B3, mellotron), David Immerglück aux guitares, mandoline et pedal steel, Jim Bogios à la batterie et aux percussions, Millard Power à la basse, au piano et à la guitare — Duritz peut compter sur une formation soudée.

Le tout est sublimé par les chœurs de chaque membre, qui insufflent à l’ensemble une énergie vivifiante et une magie collective indéniable.

Il ne faudrait surtout pas passer sous silence la voix vive et robuste d’Adam Duritz, qui n’a rien perdu de sa conviction : à chaque refrain, elle résonne avec la même intensité qu’aux grandes heures du groupe.

Butter Miracle, The Complete Sweets!  marque un retour flamboyant au rock’n’roll pur et dur, de ceux qui accompagnent nos road trips et font vibrer l’âme à chaque écoute.

C’est un disque qui fait du bien, tout simplement.

Un album qui, à n’en pas douter, s’imposera comme un classique dans la discographie des Counting Crows — un miracle musical tombé à point nommé pour adoucir nos heures sombres, entre crises d’ego et turbulences politiques.

Chansons favorites :

  • Boxcars
  • Spaceman In Tulsa
  • The Tall Grass
  • Elevator Boots
  • Under The Aurora
  • Angel of 14th Street
  • Bobby & The Rat King’s