
Le circuit musical écossais n’a plus beaucoup de secrets, mais certains trésors restent encore trop discrets.
C’est le cas de Tom McGuire & The Brassholes, un groupe funk de Glasgow qui mérite toute votre attention.
Je parle d’eux depuis leur premier album éponyme, paru en 2019, un disque éclatant qui révélait déjà tout leur potentiel. Depuis, le groupe ne cesse d’enchaîner les réussites, se livrant avec la même fougue sur scène que sur disque.
Leur deuxième album, Stay Rad (2023), confirme leur talent : une explosion de funk exubérant, festif et rassembleur.
Nés dans les rues de Glasgow en tant que musiciens de rue, Tom McGuire & The Brassholes forment aujourd’hui un collectif au groove ravageur et à l’énergie hautement contagieuse.
Avec leur troisième album, ils reviennent plus enflammés que jamais, fidèles à leur passion pour une musique vive, généreuse et profondément jubilatoire.
Voici donc A Name For Everything I’ll Ever Be, un album de 12 pièces qui poursuit avec brio l’exploration des sonorités funk-soul, voyageant entre les frontières des années 70, 80 et 90 — festif, puissant et incandescent.
On y retrouve aussi des incursions dans le rock psychédélique, le blues et le jazz, enrichissant encore davantage la palette musicale du groupe.
Entre Bruno Mars, James Brown, Tom Jones, Tower of Power, Stevie Wonder et Prince, la référence est claire : la funk ici est flamboyante, viscérale, et ancrée dans la tradition tout en restant résolument moderne.
Sur ce nouvel opus, le leader Thomas Essandro McGuire se livre à cœur ouvert dans des chansons profondément personnelles. Il y évoque la paternité naissante, ce nouveau rôle qui l’a forcé à voir la vie sous un angle radicalement différent. Une vie qui bascule, où chaque instant compte, où il faut lutter pour ne rien perdre de précieux — et où les difficultés entourant la naissance de son enfant laissent une empreinte durable.
Mais c’est aussi un album de bangers funk infernaux, qui explore la lumière dans toutes les facettes de l’existence, entre coups de gueule et élans du cœur, ces forces contraires qui nourrissent notre souffle.
Sa plume est aussi vitale que le battement d’un cœur, et l’on sent dans chaque morceau une urgence de vivre intensément, à plein volume.

Musicalement, Tom McGuire & The Brassholes déchaîne un funk survitaminé, porté par une énergie brute et irrésistible.
Les cuivres explosent comme un feu d’artifice en pleine fête foraine, injectant une dose d’adrénaline à chaque morceau.
Tout y est : claviers et orgues à l’âme soul, lignes de basse ultra groovy, chœurs incisifs et percutants qui intensifient le groove.
Le tout est parsemé de guitares électrisantes, entre funk, soul et rock, qui viennent surenchérir la signature sonore de cette formation écossaise, décidément infatigable quand il s’agit de faire démarrer le train à toute allure.
Au centre de cette tornade sonore, la voix puissante et sans compromis de Tom McGuire s’impose — enfiévrée, contagieuse, impossible à ignorer.
Entre deux envolées funk survoltées, des segments plus cinématiques et low tempo viennent poser le décor, enrichissant la dynamique et donnant du souffle aux mélodies.
Je ne sais pas si c’est mon impression, mais leur musique mûrit comme un grand vin : elle gagne en profondeur et en puissance, pour finalement nous frapper en plein visage.
Tom McGuire & The Brassholes nous offrent une fois encore un album funk-soul sauvage, qui secoue les tympans avec une énergie débordante et une soif de vivre à plein volume.
Je le répéterai autant de fois qu’il le faudra, jusqu’à ce que le message soit clair : avec A Name For Everything I’ll Ever Be, leur troisième album, Tom McGuire & The Brassholes tendent la main au monde entier pour annoncer une vérité essentielle — le funk a le pouvoir de sauver les âmes.
10/10
Chansons favorites :
- Why So Serious?
- Take My Money
- Fun
- 4th Floor
- The Tooth
- Depth Perception