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Je dois l’admettre : l’année regorge de magnifiques albums, au point qu’il devient difficile de faire le tri parmi toutes les propositions. Et puis, parfois, un disque surgit, porté par une mélancolie si vive qu’il vous frappe de plein fouet.
C’est le cas aujourd’hui avec Erik Polidoro, qui dévoile un premier opus intime et bouleversant.
Un voyage à travers le deuil, la fin d’un cycle, le début d’une autre existence — une traversée marquée par ces questions sans réponses qui nous hantent tous.
L’air entre nos corps
Onze pièces de folk à la fois émouvantes, immersives et instinctives, portées par des arrangements de cordes somptueux et enivrants.
Un album sincère, brut et profondément humain.
Erik Polidoro nous livre un voyage qui brise les reins, porté par un mélange de parfums funèbres, de tristesse, de quête intérieure et d’un amour épuisé.
Une plume puissante, mais très sombre — ce n’est pas pour tout le monde : c’est cru, c’est noir, c’est viscéral.
Mais au cœur de cette obscurité, l’album nous rappelle avec force l’importance de vivre pleinement l’instant présent, car nous savons tous que la vie ne tient qu’à un fil.

Musicalement, l’album repose sur des guitares acoustiques et un piano murmuré, presque confidentiel. Des percussions discrètes soufflent comme une brise d’automne, tandis que les cordes, majestueuses et lumineuses, agissent comme des phares dans la brume.
Elles éclairent ce parcours intérieur, entre les feuilles qui tombent et les bouleversements silencieux qui redessinent nos vies.
Dans ce premier opus, Polidoro ne cherche pas à offrir des éclats de lumière, mais plutôt une folk empreinte de nostalgie, façonnée par les souvenirs du deuil et le renouveau qui s’ensuit.
Pourtant, malgré cette mélancolie profonde, on écoute cet album encore et encore, comme enveloppé par sa voix douce et rassurante, qui agit comme une étreinte bienveillante — et ça, on le ressent.
Quand viendra la pluie de grosses larmes, mettez le volume à fond et laissez la musique faire son œuvre.
Si je devais retenir une chose, c’est que L’air entre nos corps est un album folk chargé d’une tristesse magnifique.
Presque thérapeutique à chaque écoute, il baigne dans une atmosphère brumeuse, mais laisse toujours percer une lueur d’espoir.
Comme le chante Polidoro, « S’il ne reste qu’une chose : il restera l’amour.».
9 /10
- Nostalgie de toi
- Sans Pedro
- Le deuil
- Me laisse pas revenir
- Nos horizons
- L’air entre nos corps