[Critique] Ambre Ciel-Still, There Is the Sea

Pendant que l’été souffle son souffle de braise et de promesses, certaines musiques naissent pour marquer le corps et l’âme. C’est le cas d’Ambre Ciel, compositrice, violoniste, pianiste et chanteuse montréalaise, qui nous offre un premier opus tout en douceur immersive et en apesanteur délicate.

Voici Still, There Is the Sea : huit pièces enracinées dans une enveloppe de classique contemporain, de folk cristallin et de mélancolie lumineuse.

Ambre Ciel s’inscrit dans la lignée d’artistes comme Erik Satie, Philip Glass, Agnès Obel, Patrick Watson, Sufjan Stevens et Hania Rani.
Elle façonne, à travers ses mélodies, des moments à la fois mystérieux et apaisants. Sa poésie fragile esquisse un univers parallèle où il fait bon rêver, entre réflexions profondes sur le monde et immersion dans un silence total.

Le thème de l’eau traverse l’album comme une source d’inspiration constante : métaphore fluide de la quête intérieure, du mouvement cyclique de la vie, de cet éloignement du monde qui devient paradoxalement un rapprochement vers l’espoir — malgré le tumulte, les guerres et les bouleversements climatiques.

Pour ce premier album remarquable — bien que trop court — Ambre Ciel compose, arrange et réalise elle-même, épaulée par Pietro Amato (Bell Orchestre) à la coréalisation. La légende Owen Pallett (Final Fantasy) l’accompagne dans les arrangements orchestraux, interprétés par le FAMES Skopje Studio Orchestra, sous la direction de Sasho Tatarchevski.

Tout est mis en œuvre pour nous donner des frissons.

 

 

À chaque écoute, nous devenons les témoins émus de cette musique douce, enveloppante, presque hors du temps.
Les notes de piano résonnent comme des pas dans l’eau — rassurants et lumineux.
La voix d’Ambre Ciel, écho d’un autre monde, puissante et presque hypnotique, nous happe avec une intensité rare.

À noter également la participation du percussionniste Stefan Schneider (Bell Orchestre, The Luyas), du clarinettiste Guillaume Bourque, ainsi qu’un trio à cordes composé de Marilou Lepage, Sebastian Gonzalez Mora et Julien Siino — chacun insufflant sa touche sensible et singulière à cet album aussi intime qu’impressionnant.

Pas étonnant que Matthew Halsall, fondateur du label britannique Gondwana Records, ait choisi de la signer : la musique d’Ambre Ciel est tout simplement magnétique.

À chaque écoute, elle nous conquiert un peu plus.
Avec Still, There Is the Sea, Ambre Ciel nous offre 33 minutes d’extase musicale — enivrante, délicate, aussi naturelle qu’une source claire à laquelle on s’abreuve après une longue marche paisible, à écouter la nature nous raconter le monde.

8/10

     Chansons favorites :

  • Eau claire

  • The Sun, The Sky

  • Cycle

  • Sometime

  • Fragment of

  • Atlantis