
Après avoir brièvement prêté l’oreille au premier album de Benson Boone — qui vient tout juste de lancer un second opus (on y reviendra, si ça en vaut le détour) — j’ai plutôt choisi de concentrer mon attention sur le quatrième album de Yungblud, alias l’alter ego explosif de la rockstar britannique Dominic Harrison.
Depuis près d’une décennie, l’artiste s’impose comme une voix emblématique de sa génération avec des albums comme 21st Century Liability (2018), Weird! (2020) et Yungblud (2022) : des hymnes pour l’anxiété, des cris du cœur pour une jeunesse en quête de sens, de liberté et de vérité.
Le voilà de retour avec Idols, premier volet d’un diptyque flamboyant qui embrasse pleinement chaque facette de sa personnalité foudroyante, engagée et sans filtre. La flamme ne fait que s’intensifier : Yungblud est plus que jamais prêt à livrer tout ce qu’il est, sans compromis.
Idols est une épopée rock assumée, où le brit rock cinglant, le punk sauvage, le glam éclaté, le rock classique et une pop moderne légèrement progressive s’entrechoquent dans une énergie brute.
On y décèle des influences franches et revendiquées : Blur,Queens,Goo Goo Dolls, Ozzy Osbourne, Def Leppard, Oasis, The Who, U2 — et même les premiers Coldplay (pas les dérives actuelles, disons-le franchement).
L’album est majoritairement produit par Matt Schwartz, avec le renfort de Bob Bradley, et la contribution notable d’Adam Warrington à la guitare et à la coécriture.
Fidèle à lui-même, Yungblud continue d’explorer ses expériences personnelles sans tomber dans l’apitoiement.
Il chante la confiance en soi, la douleur, la transformation, la rage d’exister.
Ses refrains claquent, poignants, toujours sincères. Il revendique la liberté d’être avec toute la fureur qu’elle exige.

Musicalement, il délaisse la pop électro des débuts pour se plonger dans des textures plus rugueuses : guitares abrasives, percussions explosives, mais aussi arrangements orchestraux teintés de mélancolie et respirations acoustiques bien senties. Le tout navigue entre tension et soulagement.
Sa voix explose comme un orage contrôlé, viscéral et brut.
Elle traverse l’espace et vous cloue au sol — difficile de ne pas frissonner à l’écoute.
Soyons clairs : Yungblud signe ici son album le plus audacieux, le plus rock, le plus vertigineux.
Tout en conservant son extravagance naturelle, ce goût du glam, du cri franc, du geste dramatique.
Ce n’est peut-être pas très original de le dire, mais avec Idols, il franchit un cap majeur.
Sa musique gagne en ampleur, entre urgence sincère et envolées quasi opératiques.
Et j’ai déjà hâte d’en entendre la suite.
Ce disque viscéral, intense, rafraîchissant, nous rappelle une chose essentielle : non, le rock n’est pas mort — tant qu’il restera des voix pour hurler ce qu’on a dans les tripes.
8/10
Chansons favorites :
- Ghost
- Change
- Hello Heaven, Hello
- Zombie
- The Greatest Parade
- War
*Idols, pt. 1 & 2