
Nick Mulvey s’est ouvert au monde grâce à ses deux premiers albums, First Mind (2014) et Wake Up Now (2017), deux œuvres emblématiques où s’exprimait déjà son humanisme musical.
Puis est venue la crise spirituelle et la quête d’identité religieuse, incarnées dans New Mythology (2022), un disque qui m’avait touché sans totalement me rejoindre.
L’auteur-compositeur-interprète revient aujourd’hui avec un quatrième opus qui poursuit cette quête intérieure, à la croisée de sa spiritualité profonde et de la noirceur du monde actuel.
Mais ce nouvel album marque surtout un constat lucide et douloureux : celui de trois années marquées par la perte et le chagrin, ouvrant un nouveau chapitre dans la démarche artistique de Mulvey.
Voici donc Dark Harvest Pt.1 — première partie d’un diptyque dont la suite est attendue à l’automne prochain — un recueil de 11 pièces ancrées dans un folk aux accents flamenco, agrémenté de touches électro discrètes, de rythmes migrateurs inspirés des musiques du monde, et de cuivres qui veillent à ne jamais éloigner l’espoir.
Pour cet opus, Nick Mulvey signe une production indépendante, épaulée par des collaborateurs de choix tels que Jimmy Hogarth, Leo Abrahams et les Parisi Brothers.
L’artiste nous propose une odyssée intime, faite de réflexions profondes sur la condition humaine, la perte, et une myriade d’émotions qu’il tente de décoder à travers le prisme de sa spiritualité.
Oui, Dieu est évoqué — parfois un peu trop à mon goût — et certains passages frôlent le christianisme dans leur poésie.
Mais ces prises de conscience, sincères et sans prétention, se révèlent souvent attendrissantes, notamment dans sa reprise désarmante du classique d’Annie Lennox, No More « I Love You’s ».
Tout au long de Dark Harvest Pt.1, on assiste à un voyage bouleversant vers les fondations de son authenticité, un cheminement lucide et vulnérable.

Musicalement, on retrouve Mulvey dans ce qu’il a de plus pur : sa guitare acoustique vibrante, une voix brute sans artifices, des percussions délicates, quelques rythmes électro subtils, une guitare électrique discrète pour cimenter tristesse et espoir, des arrangements de cordes vivants et superbes, un piano d’une fragilité touchante, et un peu de cuivres comme un écho dans la forêt.
Avec Dark Harvest Pt.1, Nick Mulvey transforme ses songes en clair-obscur en fresques colorées. Il livre un album folk à la fois bouleversant, libérateur et d’une sincérité désarmante.
J’ai maintenant hâte de voir où la Partie 2 nous conduira.
Une chose est sûre : ce premier chapitre trace une voie lumineuse au cœur de l’obscurité.
7 /10
Chansons favorites :
- Radical Tenderness
- Dark Harvest
- River To The Real
- No More « I Love You’s »
- Solastalgia
- Glowed