
Date de sortie : 18 juillet mai
Genre : Indie folk
Le groupe américain Lord Huron, originaire de Los Angeles, continue de tracer sa route singulière dans le paysage indie folk rock avec une œuvre aux multiples nuances. Révélé par Lonesome Dreams (2012), puis solidement établi grâce au sublime Strange Trails (2015), au ténébreux Vide Noir (2018) et au nostalgique Long Lost (2022), le quatuor s’est imposé par son imaginaire sonore cinématographique et ses envolées atmosphériques.
Formé de Mark Barry (batterie, percussions), Miguel Briseño (basse, claviers, thérémine), Tom Renaud (guitare) et mené par le chanteur et compositeur Ben Schneider, Lord Huron dévoile aujourd’hui un cinquième album qui pousse encore plus loin les frontières de sa folk onirique et aventureuse.
Avec The Cosmic Selector Vol. 1, Lord Huron livre un recueil de 12 morceaux où se fondent harmonieusement les teintes de l’indie pop, du folk country, du surf rock et du new age. Des envolées cinétiques s’y déploient avec grâce, portées par une fine trame électro qui agit comme un fil conducteur discret mais essentiel.
Écrit et coproduit en grande partie par Ben Schneider, l’âme créative de Lord Huron, cet opus prend toute son ampleur grâce à la contribution de ses complices Mark Barry, Miguel Briseño et Tom Renaud, qui insufflent une dimension supplémentaire aux mélodies envoûtantes et aux arrangements finement ciselés.
The Cosmic Selector Vol. 1 scrute ces moments où l’on doit lâcher prise sur le passé — ou accepter que le retour en arrière soit inévitablement inscrit dans la condition humaine.
On y plonge dans un sentiment de vide laissé par les trahisons de la vie ou de l’amour, dans des prises de conscience douloureuses nées de relations tumultueuses. Ce sont des récits sombres, empreints de deuil et de solitude, qui empruntent les sentiers nocturnes de la souffrance, portés par une écriture mélancolique et pesante, comme une pluie dense sur les cordes sensibles du cœur.

Sur le plan sonore, The Cosmic Selector Vol. 1 évoque un vaisseau spatial mystique, échappé d’un film lugubre et envoûtant d’Osgood Perkins. Les guitares naviguent entre les réverbérations du surf rock et les racines du folk country, soutenues par des lignes de basse et des claviers à la fois intuitifs et cinétiques. Les percussions, elles, s’étirent dans une progression fluide et hypnotique. La voix narrative de Ben Schneider, traversée par la participation exceptionnelle de l’actrice Kristen Stewart et de Kazu Makino, agit comme un train fantôme qui fend la nuit noire.
Ce cinquième opus fait écho à la force d’attraction qui émanait de Strange Trails et Vide Noir, sans pour autant s’y cantonner ni s’en contenter.
Quoi qu’il en soit, Lord Huron conserve intacte sa puissance créatrice, offrant une musique fascinante, parfois violente, portée par des images saisissantes, toujours teintée d’un mordant nostalgique savoureux — un phénomène à la fois beau et étrange.
8 /10
Lord Huron : entre nostalgie et exploration cosmique
Chansons favorites :
- Nothing I Need
- Bag of Bones
- Looking Back
- The Comedian
- It All Coming Back
- Life Is Strange
- Digging Up The Past