Genre : Punk rock
Sortie : 15 août

Depuis plus de vingt-cinq ans, Rise Against s’impose comme une figure incontournable de la scène hardcore mélodique de Chicago.
Album après album, le groupe maintient un cap résolument engagé, tant sur le plan sonore que social, avec des œuvres marquantes comme Siren Song of the Counter Culture (2004), The Sufferer & the Witness (2006), Appeal to Reason (2008) ou Endgame (2011), pour ne nommer que ceux-là.
Après Nowhere Generation (2021), un cri du cœur punk visant à réveiller une jeunesse en perte de repères, Rise Against ouvre un nouveau chapitre de sa carrière.
Mais c’est surtout sur le plan sonore que le groupe prend un virage.
En s’éloignant de ses racines punk rock traditionnelles, il embrasse un son plus accessible, taillé pour les grandes scènes.
Ce n’est pas nécessairement une trahison : est-ce une évolution… ou un coup plus bas dans la ceinture ?
Voici Ricochet, le dixième album de Rise Against, qui propose 12 morceaux naviguant entre punk rock galvanisant, hard rock d’aréna percutant et post-punk mélodique. Imagine un croisement entre The Offspring, Kiss, The Hives et Foo Fighters. Le tout est produit par Catherine Marks (Foals, Boygenius), qui insuffle une énergie brute et une finition éclatante.
Tim McIlrath et ses compagnons livrent des chansons puissantes sur la liberté de création, la résistance face à la censure, le besoin de se reconnecter à l’essentiel dans un monde saturé de stimuli numériques, la douleur, la résilience, et cette injustice systémique qui pèse sur les épaules des jeunes générations.
Ricochet est un rappel fort : nos gestes, nos opinions, nos choix comptent, qu’on le veuille ou non. Une fois de plus, Rise Against met sa plume au service de la conscience collective, avec un message qui bouscule autant qu’il inspire.

C’est sur le plan musical que Ricochet opère sa plus grande métamorphose. Le groupe fusionne ses racines punk rebelle avec des touches de rock métal progressif et des élans introspectifs, flirtant par moments avec l’esthétique du rock d’aréna old school. Les guitares, tantôt abrasives, tantôt mélodiques, sont portées par une section rythmique solide – basse, batterie, riffs musclés – et surtout par la voix de Tim McIlrath, toujours empreinte de colère contenue et d’indignation viscérale.
Rise Against prend des risques : changements de tempo, refrains accrocheurs, solos inattendus… Le groupe bouscule les attentes, quitte à déstabiliser – ou décevoir – certains auditeurs.
Soyons clairs : plusieurs y verront un éloignement du crédo punk rock abrasif qui a fait leur renommée. Mais plutôt qu’un reniement, Ricochet sonne comme une exploration assumée de nouvelles avenues, sans jamais trahir le fond.
L’énergie hardcore est toujours là, mais ce qu’on entend avant tout, c’est une urgence de vivre, canalisée dans un rock pugnace, frontal, qui frappe comme un coup de poing.
Pour le reste, je vous invite à faire votre propre expérience d’écoute de ce dixième opus de Rise Against.
Note : 6/10
Chansons favorites :
- Ricochet
- Black Crown
- Prizefighter
- Nod
- I Want It All
- Sink Like a Stone