[critique spectacle ] Bellefeuille Sauvage : un troisième spectacle de gags bruyants et finement ciselés

Sept ans après son second one-man show, Le plus fort au monde (2017), présenté plus de 400 fois devant plus de 235 000 spectateurs, ses trois participations au Bye Bye de Simon-Olivier Fecteau et ses trois saisons de Sous la cravate pour Temps de chien sur Radio-Canada, l’humoriste François Bellefeuille reprend du service.

Il revient avec son troisième one-man show, intitulé Sauvage, pour notre plaisir — et visiblement le sien — débarquant sur la scène de l’Olympia de Montréal au son de Sabotage des Beatie Boys.

Le décor, à la fois superbe et minimaliste, est composé d’une structure étoilée aux couleurs changeantes selon les numéros.

 

 

 

Avec son énergie inépuisable et sa folie légendaire, Bellefeuille enchaîne des gags bruyants et finement ciselés.

Dès l’ouverture, il installe un rythme effréné qui ne se relâchera pas, déclenchant rapidement une salve de rires dans la salle comble.

Comme le suggère le titre, François Bellefeuille déploie sa verve explosive et incarne son clown bourru, sauvage et parfois borné, explorant les intimités du couple et de la vie familiale.

Il aborde les aspects de la vie sous différents angles, passant d’un sujet à l’autre avec audace et humour : ses cheveux blancs, sa passion pour le bidet, un frigo intelligent, Georges St-Pierre ou Xavier Dolan, sa vie familiale, son passé de vétérinaire, ou encore son voisin passionné d’oiseaux — qu’il appelle Jacques jusqu’à la fin du spectacle, sauf surprise… il faudra voir le show pour découvrir le punch ! Il évoque aussi son médecin, la communication non violente, le vieillissement, son chat obèse et ses hurlements incontrôlés.

Petit avertissement : si vous n’aimez pas les éclats de voix, ce spectacle n’est pas pour vous. L’humour de Bellefeuille s’adresse à un public réactif et énergique, prêt à embarquer dans sa folie. Comme dans ses autres spectacles, le rythme est soutenu et chaque gag frappe au quart de tour. Cette fois-ci, il n’y a ni dessins ni tableaux, à l’exception d’une petite surprise à la toute fin.

À l’approche de la cinquantaine, François Bellefeuille continue de faire rire aux éclats, de surprendre et de faire réfléchir, avec sa manière unique de mettre en scène son univers délirant et profondément sauvage, avec l’appui de Marie-Christine Lachance pour la mise en scène et les textes, et d’Olivier Thivierge pour les textes.

Avec ce troisième spectacle, Bellefeuille livre une performance totalement délirante et profondément personnelle, où le rire fuse à chaque instant.

Il confirme, selon moi, sa place parmi les humoristes les plus marquants et indispensables de sa génération.