[Critique] Tame Impala – Deadbeat

 

Date de sortie : 17 octobre
Genre : Électro

Depuis Innerspeaker (2010), Kevin Parker — le cerveau derrière Tame Impala — n’a cessé de nous surprendre. D’abord ancré dans un rock psychédélique foisonnant, il a peu à peu glissé vers une pop groovy et dansante. Lonerism (2012) consolidait déjà ce virage introspectif, tandis que Currents (2015) ouvrait la porte à une électro-funk raffinée et contagieuse.

Son audace, souvent récompensée, a su redéfinir les frontières de son univers sonore.

Puis est venu The Slow Rush (2020), un album plus apaisé, en équilibre entre hédonisme et mélancolie.

Tout le monde en parlait comme d’un sommet. Moi ? Peut-être ai-je manqué le train, car je continue de préférer le Tame Impala plus rock, celui d’avant les paillettes électroniques.

Avec Deadbeat, cinquième chapitre de son parcours, Parker poursuit sa mue électronique.

L’album propose douze titres où se croisent électro, disco-funk, techno et rave, avec en filigrane une fine couche psychédélique et même quelques effluves de reggaeton.

Inspiré par la culture bush doof et la scène rave d’Australie-Occidentale, Deadbeat explore le conflit intérieur entre la tentation de la fête et la tranquillité du foyer — le tiraillement entre le besoin d’isolement et la pulsion de vie.

 

 

 

Musicalement, on retrouve des claviers en masse, du piano mélancolique et des rythmes funky minimalistes. Mais malgré tout, le titre Deadbeat colle tristement bien à l’album. Rien ne décolle. C’est une musique de dancefloor dépressif qui tourne à vide. L’interminable Ethereal Connection (7 min 42) en est l’exemple parfait : un tunnel sonore sans surprise, qui finit par lasser plus qu’il n’envoûte.

On a l’impression que Parker s’est mis sur le pilote automatique, sans l’étincelle d’autrefois. Le tout sonne comme un disque que Danger Mouse aurait pu produire un jour de fatigue.

Deadbeat s’essouffle dès la première écoute — un album sans âme, figé dans sa propre inertie.

3/10

Chansons favorites :

  • Loser
  • My Old Ways
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