Avec son premier spectacle Jokes, Chapeau, Maman, Magie, Piano, Pierre-Yves Roy-Desmarais nous en mettait déjà plein la gueule avec son univers déjanté et singulier.
Trois ans plus tard, après quelques participations au Bye Bye et fort de trois prix Olivier ainsi qu’un Félix pour le spectacle de l’année en 2022, l’humoriste remet ça avec Une année dans un an, un deuxième one-man-show aussi éclaté que spectaculaire.
Mettant lui-même en scène ce nouveau spectacle — un pari risqué mais brillamment relevé — P-Y nous plonge dans un show complètement loufoque où le stand-up se mêle à un humour absurde qui brouille sans cesse la frontière entre vérité et fiction.

Appuyé par une galerie de personnages farfelus — la mère à bout de nerfs monoparentale avec un verre de vin blanc à la main, Showtime P-Y, un croisement entre un rappeur arrogant et Roxane Bruneau, et plusieurs autres — il enchaîne les niveaux d’humour avec une aisance déconcertante.
L’artiste sculpte un spectacle endiablé autour de la trentaine, de la quête d’identité, de la famille, de la paternité, du monde d’aujourd’hui et de l’impact des réseaux sociaux sur le moral.
Fidèle à lui-même, il ponctue le tout de chansons accrocheuses et pleines d’esprit — notamment celle où il réalise qu’il devient peu à peu comme son père, ou encore ses questionnements existentiels résumés par un simple What the fuck ?
Oscillant entre pop électro, reggaeton, hip-hop, chansons folk de feu de camp et un solo d’harmonica très burlesque, l’esprit de scène rappelle la force de frappe de Pierre Richard et de Jim Carrey.

Sur scène, P-Y court littéralement partout : entre son Wurlitzer, un échantillonneur, un spot d’éclairage, sa caméra utilisée de façon intrigante et efficace, et ses micros, sans jamais perdre le rythme ni l’attention du public.
Le Théâtre Saint-Denis rit à pleins poumons devant ce marathon de blagues tranchantes, désopilantes et burlesques. Chaque espace de scène est occupé par son charisme, ses blagues et ses mimiques.
Toujours en pleine maîtrise de son art, P-Y pousse ses absurdités jusqu’au bout — comme ce moment où il s’interroge sur ce que représente un an de fromage gagné par Éric lors du match des Canadiens.
Et, sans divulgâcher, disons simplement qu’il va très loin.
P-Y prouve encore une fois qu’il a level up la game de l’humour québécois.
Son sens du timing, sa folie contagieuse et sa créativité éclatée font de ce spectacle un moment de pur divertissement.
On sent qu’il s’amuse autant que le public, et cette joie est irrésistible.
P-Y confirme qu’il est non seulement un humoriste, mais un véritable showman à part entière.
J’ai jamais eu aussi mal aux joues de ma vie, et ce sera sans doute la même chose pour vous.
Avec Une année dans un an, P-Y livre une performance survoltée, fidèle à sa signature scénique : absurde, physique et profondément inventive.
On ne démystifie pas le vrai du faux de son univers — entre son père qui urine sur lui pour guérir presque tout et son expérience dans un restaurant où l’on mange dans le noir — mais il avait raison : vous aurez tout un spectacle, et ce qu’on obtient, c’est un Pierre-Yves Roy-Desmarais qui se donne à cœur joie comme un gamin !
