[Critique] Sessa-Pequena Vertigem de Amor

 

Sortie : 7 novembre 2025
Genre : Bossa Nova

Je suis toujours en quête du grand frisson, de ce moment où la musique me désarme et m’emporte ailleurs.

Ce matin, c’est grâce à Dumas, dans sa chronique musicale avec Pénélope, que j’ai ressenti ce vertige : un artiste brésilien, Sessa, a happé ma curiosité avec la force d’un avion lancé à pleine vitesse.

Derrière ce nom se cache Sérgio Sayeg, auteur-compositeur-interprète originaire de São Paulo.

Après Grandeza (2019) et Estrela Acesa (2022), deux albums d’une rare ingéniosité, Sessa revient avec un troisième opus fascinant : Pequena Vertigem de Amor.

Composé de neuf pièces, cet album tisse un mariage orchestral et intime, envoûtant, où s’entrelacent jazz, bossa nova, funk psychédélique, soul et tropicalisme. Produit par Sessa lui-même et Biel Basile, enregistré au studio Cosmo à São Paulo, avec les cordes captées par Al Carlson au Gary’s Electric Studio, le disque résonne d’une chaleur analogique et d’une élégance intemporelle.

Les chansons explorent le sens de l’univers et des étoiles au-dessus de nos têtes, dans une poésie brésilienne qui mêle récits personnels et méditations sur la vie, le changement et la paternité. Devenu père, Sessa offre ici une nouvelle perspective : celle d’un homme conscient que la musique est indissociable de la vie elle-même.

Après avoir célébré l’érotisme et le langage des corps dans ses deux premiers albums, il amorce un virage plus contemplatif, sans jamais perdre sa sensualité. Musicalement, Pequena Vertigem de Amor plonge dans l’âge d’or de la musique brésilienne des années 60, entre Jorge Ben, Gilberto Gil et Chico Buarque.

 

On y retrouve des textures délicates : guitares acoustiques en nylon, guitare wah-wah, basse ronde, piano électrique, synthétiseurs vaporeux, batterie, percussions, flûtes, saxophone alto, violon, alto et violoncelle. Des chœurs lumineux viennent y ajouter un éclat magnifique.

Avec sa voix suave et narrative, Sessa nous transporte dans un univers à la fois fascinant et méditatif.

On savoure chaque note.

Écouter cet album réchauffe le cœur et l’esprit ; à plein volume, c’est une expérience sensorielle qui accompagne merveilleusement les premiers manteaux blancs de l’hiver.

Le résultat : un album tout en lenteur, luxuriant et intime, où chaque note de bossa nova semble suspendue entre ciel et terre.

Pequena Vertigem de Amor nous fait ressentir le doux vertige de l’amour, en équilibre, le sourire aux lèvres.
Une belle découverte, déjà en boucle à la maison.

J’ai un gros crush.

10/10

Chansons favorites

  • Roupa dos Mortos
  • Bicho Lento
  • Nome de Deus
  • Dodói
  • Pequena Vertigem
  • Planta Santa
  • Gesto Naturais