Sortie : 21 novembre
Genre :Indie rock
Depuis ses débuts, Keaton Henson a souvent été associé à la mélancolie, comme si elle résumait entièrement son identité artistique.
Pourtant, cette étiquette devient aujourd’hui trop étroite : son travail dépasse largement la seule tristesse qui lui est attribuée.
Entre ses musiques de film, son album de reprises pop (Keaton’s Party Playlist, 2022), son détour rock avec House Party (2023) et son retour aux instrumentaux sur Somnambulant Cycle (2024), Henson a bâti une discographie d’une rare richesse.
À cela s’ajoutent ses écrits, ses illustrations et ses compositions pour d’autres artistes.
Depuis Romantic Works (2014), il ne cesse de pousser son univers vers quelque chose de plus brut, de plus âpre, sans jamais perdre sa sensibilité unique.
Avec Parader, neuvième album de sa carrière, Keaton Henson se laisse guider par son instinct.
Les douze pièces qui composent l’album forment un hybride surprenant, entre indie rock grunge, rock alternatif des années 90 et touches d’électro-pop.
Pour donner vie à ce son plus garage et nerveux, il s’entoure d’Alex Farrar et de Luke Sital-Singh, connus pour leur travail avec Wednesday.
Ce mélange crée un rock rugueux traversé d’une mélancolie qui, chez Henson, reste indissociable de son identité.
Comme toujours, il plonge dans les zones sombres de son monde intérieur.
Mais cette fois, il affronte plus clairement son rapport à son œuvre et à l’image d’artiste dépressif qu’on projette sur lui. Le deuil, l’anxiété et la peur sont encore présents, mais Parader laisse aussi émerger des moments de tendresse inattendue, ainsi qu’un désir sincère d’être là pour ceux qu’il aime.

Sur le plan sonore, l’album oscille entre guitares de rock garage, ballades slacker pop, éclats grunge et touches shoegaze.
Les basses alternatives et la voix tremblante, fragile mais captivante de Henson s’y marient parfaitement.
Julia Steiner (Ratboys) apparaît sur une pièce étonnamment lumineuse, ajoutant une respiration bienvenue.
Avec Parader, Keaton Henson laisse le bruit d’un rock gris et éraflé envahir ses tourments.
Il s’éloigne du piano et de la guitare acoustique, sans jamais renier la poésie fragile qui fait sa force.
Après l’écoute, on reste encore pris dans ses peurs, mais cette fois, l’étau semble moins serré.
8 /10
Chansons favorites :
- Loose End
- Past It
- Insomnia
- Tourniquet
- Day In New York
- Performer