[Critique] Marco Ema – Soleil mâché


Date de sortie : 16 janvier 2026
Genre : Pop / Indie

 

Après avoir marqué les esprits avec Anyway Mommy Love (2023), un album bouleversant consacré au deuil de son père.

Un album auquel on revient encore, tant il laisse une empreinte durable.
Salué par la critique, ce précédent disque lui a valu une importante tournée, une nomination au GAMIQ dans la catégorie Album indie-rock ainsi qu’une sélection pour le Prix Félix-Leclerc de la chanson en 2024.

Marco Ema revient avec un troisième opus tout aussi habité.

Avec Soleil mâché, Marco Ema s’intéresse à l’après : la reconstruction, les zones floues, les doutes persistants.
De cette fragilité émerge un bonheur bricolé, imparfait mais sincère, porté par une écriture poétique et profondément humaine.

Composé de 11 morceaux, l’album s’inscrit dans une continuité indie pop tout en s’ouvrant à un rock plus brut, teinté d’influences des années 70, de soul, de folk et de country.

Pour la première fois, Marco Ema assure la coréalisation du projet aux côtés de son fidèle complice Cédrik St-Onge (Étienne Coppée, Vendôme, Aswell, Luan Larobina).

L’enregistrement s’est fait entre le Studio Wild, le Studio Makina et le studio maison de St-Onge.

Soleil mâché se déploie comme un art de l’assemblage : rapiécer ce que la vie laisse derrière elle pour façonner un nouveau départ.
Une œuvre aux contours imparfaits, mais lumineuse, qui célèbre autant la beauté du quotidien que la peur de l’abandon et les rencontres fugaces qui nous transforment.

La plume de Marco Ema conserve cette dimension de journal intime qui fait sa force.
Qu’il soit à terre ou debout, il expose ses blessures avec pudeur.

L’album témoigne du chemin parcouru par l’auteur-compositeur-interprète, qui avance sans prétention à la recherche de réponses teintées de nostalgie.

 

 

 

Sur le plan musical, l’artiste enrichit sa palette : guitares électriques et acoustiques aux accords jazz singuliers, basse funky et soul, batteries groovy, claviers, orgue, lap steel, clarinette, saxophone, synthétiseurs, percussions et mellotron se répondent avec finesse.

Les voix de Flavie Melançon, Orlanda Gagnon et Roxanne Lamarche ajoutent une dimension chorale délicate à l’ensemble.

La voix de Marco Ema agit comme un fil conducteur, à la fois confidentielle et rassembleuse.
Sa musique colore les moments d’incertitude et invite à continuer de danser, malgré tout.
Car au bout du chemin, Soleil mâché rappelle qu’il est permis de se réinventer et de devenir son propre héros.

Un album solide et touchant, qui confirme la maturité artistique de Marco Ema et sa capacité à créer une musique réparatrice et lumineuse, sans jamais sombrer dans une mélancolie pesante.

Note : 8/10

Chansons favorites :
– Feu de paille
– Maison de campagne
– Jour férié
– Un, deux, trois
– Soleil mâché
– Avalanche