[Critique] Bleu Jeans Bleu – Record n°V

 


Date de sortie : 23 janvier 2026
Genre : Pop-rock

Après l’excellent et mémorable album Top Minou (2022), qui lui a valu un spectacle certifié billet d’argent pour ses 25 000 billets vendus en salle ainsi que plusieurs nominations au Gala de l’ADISQ, Bleu Jeans Bleu remet son kit de tuxedo canadien en denim pour nous offrir un cinquième album fidèle à sa mission : propager la bonne humeur tout en explorant de nouvelles voies musicales.

Histoire de mettre le feu à la poudre pour une fête aussi absurde que succulente, il ne m’en fallait pas plus pour me plonger dans ce nouvel opus envoûtant, qui embrasse une vie qui mûrit sans jamais devenir monotone, du moins pas pour Bleu Jeans Bleu.

Record n°V propose 13 pièces pop-rock dynamiques qui voyagent librement entre les années 70, 80 et 90, oscillant entre folk-country, soul, disco-funk, jazz et post-punk.

La réalisation remarquable de Christian-Adam Gilbert et Mathieu Lafontaine, ainsi que la prise de son et le mixage assurés par Gilbert au Studio Golden 2000, donnent à l’album une richesse sonore à la fois soyeuse et éclatante.

Il faut aussi souligner l’appui magique des arrangements signés Antoine Gratton et le Quatuor ESCA, qui élèvent encore davantage la musique de Bleu Jeans Bleu et lui permettent de voyager à travers les époques avec élégance.

La plume de Claude Cobras continue d’offrir des chansons savoureuses, de véritables vers d’oreille, qui explorent la vieillesse, les petites interrogations sans réponse du quotidien comme qui va nourrir ton chat quand tu pars en voyage, la nostalgie d’une autre époque, mini-putt, pets de sauce, beignes fourrés, et ces moments où nos gaffes nous rendent légendaires et où l’on devrait se taper dans la mitte plutôt que de céder aux chicanes ridicules.

On y parle aussi de simplicité vestimentaire, de l’invention du siècle devenue presque une religion, l’air fryer, de moments tendres autour d’un vino sur l’îlot de cuisine, sans oublier ces satanées mouettes qui nous attaquent sans pitié.

Les images sont puissantes, désopilantes, toujours travaillées et pimentées d’un humour débordant d’imaginaire.

 

 

 

 

 

Musicalement, Record n°V est une explosion de guitares électriques funky-soul-rock de François Lessard et Mathieu Lafontaine, une basse disco-rock solide de Pierre-David Girard, des nuages de claviers onctueux de Jonathan Charrette, ainsi que des chœurs magiques assurés par Les Triplets, Sarah Bourdon, Élie Haroun et Mariève Proulx.

Les arrangements d’Antoine Gratton et du Quatuor ESCA servent de véritable vaisseau temporel vers plusieurs époques.

La voix de Claude Cobras, alias Mathieu Lafontaine, pousse encore plus loin l’interprétation, flirtant par moments avec une intensité digne d’Elvis Presley.

Charismatique et magnétique.

L’album donne parfois l’impression d’écouter un vieux vinyle de Barry White, de CCR, de Robert Charlebois ou de Paul McCartney.

Bleu Jeans Bleu est comme un bon vin, il vieillit, prend du goût et du caractère.

Un gros high five à la bande qui nous accroche à chaque refrain.

Record n°V est une excellente cuvée que je recommande pour toutes les occasions.

Une fois de plus, ça met des sparkles  partout et ça donne envie de pousser des coups de bassin sans se soucier du regard des autres. Excessivement enjoué et accrocheur.

Mention spéciale à la pochette en noir et blanc, à l’esthétique léchée rappelant les shootings de mode, les publicités de parfums et la romance italienne des années 1970 et 1980.

La signature absurde, convoitée depuis Haute Couture (2013), est toujours bien vivante.

La prochaine fois que tu as envie de kicker quelqu’un dans le sternum, fais jouer Record n°V de Bleu Jeans Bleu bien fort.

Je te mets au défi de faire la baboune.
2026 est à peine commencée que Bleu jeans Bleu vient déjà nous renverser avec son Record n°V

Note : 9/10

Chansons favorites
-Mini-Putt
-Kif-kif
-J’ai fryé mon air fryer
-Jeans T-shirt
-Les mouettes attaquent
-Tape dans la mitte
-Manger mou
-Tu pars en voyage?
-Vino sur l’îlot