Date de sortie : 27 février
Genre : Metal industriel / Shock horror rock
Le grand maître incontesté du spooky metal, Rob Zombie, est de retour avec un huitième album qui ressort les crocs tel un vampire planté dans la jugulaire de sa victime.
Presque cinq ans après The Lunar Injection Kool Aid Eclipse Conspiracy (2021), un disque qui m’avait plus ou moins convaincu, le cinéaste, acteur, musicien et amateur d’horreur persiste et signe dans sa marque de fabrique : une bestialité sonore ensanglantée qui, selon plusieurs dires, rappelle l’intensité de son succès culte Hellbilly Deluxe (1998).
Quoi qu’il en soit, la curiosité me dévore l’âme. Me voilà donc plongé dans l’écoute de cette nouvelle offrande du grand Rob Zombie.
The Great Satan se compose de 15 titres aux sonorités lugubres, véritables coups de poing en pleine gueule, mélangeant metal lourd, musique industrielle, shock horror rock et punk acerbe. On y retrouve le retour assumé des échantillonnages issus de films d’horreur, ainsi que des ambiances hellbilly chères à l’artiste.
L’opus est une production rugueuse, injectée à l’adrénaline, façonnée par Rob Zombie lui-même, accompagné de son complice de longue date depuis Hellbilly Deluxe 2 (2010). Aucun compromis : ici, tout est sale, brutal et viscéral.
Rob Zombie ne ménage pas ses efforts pour nous livrer des chansons crues, surgies des mondes des ténèbres : chasses aux sorcières, démons voraces, créatures rampantes comme des scorpions et bêtes sauvages. Cette fois-ci, l’album s’ouvre davantage sur un univers plus large, mettant en vedette la figure du grand et infâme Satan, dans un contexte chaotique et frénétique marqué par la guerre.
La poésie est taciturne, saturée d’images dignes des plus grands films d’horreur, évoquant des figures cultes comme Johnny Eck et autres icônes du freak show.

Musicalement, Rob Zombie replonge dans les profondeurs de ses sonorités fétiches : guitares électriques lourdes et dissonantes, basse punk-metal graisseuse, batteries déchaînées, échantillonnages horrifiques et explorations électro-industrielles bien maîtrisées.
Le tout sans jamais perdre la voix rauque et hurlante de Rob Zombie, qui rappelle outrageusement ses débuts.
On a parfois l’impression de retrouver la flamme de l’époque Dragula dans son interprétation.
Les riffs fusent à la vitesse du son, lourds et démoniaques. Bien sûr, la recette n’est pas totalement renouvelée, mais on sent un Rob Zombie qui prend un réel plaisir à mordre dans ce metal assourdissant.
Rien de révolutionnaire, certes, mais suffisamment puissant et convaincant pour libérer le monstre de gros calibre qu’il est.
Avec The Great Satan, Rob Zombie fait ce qu’il sait faire de mieux : un metal fiévreux, venimeux, provocateur, porté par une mince innovation juste assez efficace pour nous en mettre plein les tympans.
Attention, ici pas de peaufinage excessif : on est dans un metal industriel sale, malin et frontal.
Note : 8/10
Chansons favorites :
- Heathen Days
- Tarantula
- Punk and Demons
- Revolution Motherfuckers
- The Black Scorpion
- Who Am I
- Sir Lord Acid Wolfman

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