[Critique] Louis-Charles – II

Date de sortie : 16 janvier 2026
Genre : Alternatif

Alors que la neige s’abat lourdement sur la ville, un groupe québécois émerge de nulle part.

Louis-Charles débarque avec II, son premier album complet, après l’EP BABY paru en 2023.

Le groupe réunit Gabrielle Poirier, Julien Moisan-Labelle, Jérémy Dufour, Lou Manuel Arsenault et Gabriel Wagner. Dès les premières minutes, II s’impose comme un disque sombre et rugueux, évoquant une fracture entre le monde actuel et un cœur saturé, marqué par une suite de chocs émotionnels.

L’album compte 9 pièces, immergées dans des textures de post-punk, d’emo alternatif, de shoegaze et de rock alternatif.

Une nostalgie persistante traverse l’ensemble, rappelant la fin des années 90 et le début des années 2000.

Louis-Charles navigue quelque part entre Indochine, The Bravery, The Killers, Dumas, Thirty Seconds to Mars et Cigarettes After Sex.

L’album a été réalisé par Joey Proteau (Gaspard Eden) et mixé par Emmanuel Ethier (Bon Enfant, Corridor).

Les chansons de Louis-Charles plongent directement dans les zones grises de l’existence : la détresse humaine, la rupture intime et collective, l’état du monde fragilisé par la crise environnementale, une société qui se fracture sous l’effet de la peur et du jugement violent, et un amour qui trahit, empoisonne et détruit les espoirs.

Mais II se présente aussi comme un geste de résistance face au vacarme d’un monde contemporain toujours plus dur et hostile.

 

 

Sur le plan musical, le groupe érige des murs de guitares rugueux et introspectifs, oscillant entre emo alternatif et post-punk assumé.

La basse est lourde, sombre, mélancolique. Les batteries battent comme des paupières qui se ferment après un cauchemar.

La voix, fragile et à nu, traverse l’album sans jamais se cacher.

Des éléments électro  parfois tonitruants se mêlent aux atmosphères plus aériennes de l’album, qui vient gratter directement là où ça fait mal.

On a l’impression d’être ramené dans une autre époque, comme après un voyage temporel vers 1999-2000.

Louis-Charles se dévoile pleinement sur ce premier album bruyant, juste et profondément intense.

Je ne mâche pas mes mots : c’est sombre, tranchant, et ça va jusqu’au fond de la moelle.

Une musique frontale, qui creuse loin dans les zones grises de l’âme.

7 /10

Chansons favorites

  • Longtemps
  • Des milliards de fois
  • Couteau
  • Passer la nuit