Mumford & Sons – Prizefighter


Date de sortie : 20 février 2026
Genre : Folk

Après le retour aux sources amorcé avec Rushmere (2025), l’exercice s’est avéré plus difficile que prévu pour Marcus Mumford et sa bande.
Sans être un échec total, Rushmere donnait déjà l’impression d’un groupe en quête du frisson de ses débuts.
Pour ma part, j’avais tout de même beaucoup apprécié l’album.

Avec Rushmere, la volonté de retrouver l’esprit de Sigh No More (2009) et de Babel (2012) était évidente.
Le résultat fonctionnait à moitié, sans pour autant être un gâchis.
L’inspiration semblait de retour chez les néo-folkistes, désireux de renouer avec leur ADN d’origine.

C’est dans cette continuité qu’arrive aujourd’hui Prizefighter, sixième opus écrit en à peine dix jours.

Composé de 14 morceaux, l’album propose un folk rock teinté de gospel et de bluegrass : la formule qui a fait leur renommée demeure intacte.

Après plusieurs années d’expérimentations inégales, Mumford & Sons reviennent clairement à l’essentiel.

Enregistré au Long Pond Studio et coproduit par Aaron Dessner à New York, Prizefighter explore des ambiances plus atmosphériques et brumeuses, légèrement plus audacieuses que son prédécesseur.

Certaines pièces rappellent même l’univers de Bon Iver par moments.

Le projet se distingue également par ses nombreuses collaborations : Gracie Abrams, Gigi Perez, Hozier, Chris Stapleton, ainsi que Justin Vernon (Bon Iver), Brandi Carlile et Jon Bellion à l’écriture. Cette dimension collaborative apporte une richesse intéressante à l’ensemble.

Les thèmes de la résilience, de la persévérance et de la lutte intérieure confèrent à l’album une vulnérabilité sincère, palpable dans plusieurs refrains.
Toutefois, certaines chansons manquent d’intensité et tombent dans une certaine fadeur.

 

 

Musicalement, le groupe privilégie la simplicité : guitares acoustiques, banjos et harmonies vocales nuancées.
C’est efficace et bien exécuté, mais il manque parfois cette montée en puissance capable de donner des frissons et l’envie de chanter à tue-tête, comme seul Mumford & Sons sait le faire.

Les arrangements sont plus soignés, les cordes sublimes et l’ensemble paraît plus spontané.

Peut-être que mes attentes étaient trop élevées, mais malgré un folk toujours aussi habile, un je-ne-sais-quoi semble manquer à la recette.

Prizefighter contient son lot de morceaux remarquables, mais aussi quelques élans poétiques moins aboutis.
À vouloir promettre un grand retour flamboyant, le groupe frôle parfois l’excès.
Au moins, Marcus Mumford, Ben Lovett et Ted Dwane misent uniquement sur l’authenticité de leur instinct créatif plutôt que de chercher à tout prix à renouer avec leur succès.
Mumford & Sons laisse le passé à sa place et embrasse pleinement l’avenir.
Cela n’a rien de mauvais en soi.

Note : 7/10

 

Voici la liste mise à jour :

Chansons favorites :
Rubber Band Man (en duo avec Hozier)
Here (en duo avec Chris Stapleton)
Run Together
Prizefighter
Alleycat
Icarus (en duo avec Gigi Perez)
I’ll Tell You Everything

 

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