
Date de sortie : 27 mars 2026
Genre : folk-soul
Il arrive un moment où s’éloigner de ce qui brille trop fort devient nécessaire.
Depuis la pandémie, tout semble aller plus vite, parfois au détriment de l’essentiel.
Tom Misch l’a bien compris.
Après une série de projets marquants — Beat Tape 1 (2014), Beat Tape 2 (2015) et What Kinda Music (2018) avec Yussef Dayes — le musicien britannique a choisi de ralentir, de se recentrer et de faire de sa santé mentale une priorité.
Cette mise à distance s’est traduite par une vie plus simple : jardinage, café, solitude en camping-car, puis retour aux sources chez ses parents dans le sud-est de Londres.
Une parenthèse discrète mais féconde, durant laquelle il a continué à créer, laissant sa musique évoluer naturellement.
Même en retrait, il est resté présent à travers ses Quarantine Sessions (2021), avant de poursuivre son exploration avec l’EP Six Songs (2024), un projet aux influences multiples, et son projet Supershy -Happy Music (2023)
Huit ans après Geography, Misch revient apaisé, libéré du poids des attentes qui accompagnaient son ascension rapide.
Ce recul lui a permis de se reconstruire, de voyager, et de redéfinir sa relation à la musique.
Full Circle s’inscrit dans cette continuité.
À travers 11 morceaux, l’album déploie une palette sonore chaleureuse et enveloppante, entre folk, soul, funk et touches de jazz, avec un parfum assumé des années 70. Des influences comme Fleetwood Mac, James Taylor, Neil Young ou Prince planent en filigrane.
Enregistré entre Londres, les Cornouailles, le Portugal et Nashville, le projet s’appuie sur des collaborations solides, notamment avec Matt Maltese à l’écriture, Ian Fitchuk à la production et Adam Jaffrey en amont du processus.
Sur le fond, Misch explore les bouleversements récents de sa vie : transformation personnelle, rapport au succès, liens familiaux, blessures amoureuses.
Mais loin d’être pesant, l’album s’apparente davantage à une forme d’apaisement, presque une réconciliation avec lui-même.
Sa plume, plus mature, va à l’essentiel.
L’écriture se fait plus classique, mais gagne en justesse et en sincérité.

Musicalement, Full Circle privilégie une approche organique : guitares acoustiques et électriques, piano, prises live avec les musiciens.
Le résultat est à la fois brut, chaleureux et intime.
Sa voix, captée avec finesse, se révèle plus nue que jamais, douce et expressive.
Les grooves sont toujours présents, notamment dans les lignes de basse, mais se font plus subtils, moins démonstratifs.
Une seule collaboration vient ponctuer l’album : un duo avec Kaidi Akinnibi, où le saxophone dialogue délicatement avec la voix.
Comparé à ses précédents travaux, ce disque se montre plus posé, plus aérien, presque méditatif.
On y ressent clairement une forme de guérison, mais surtout une évolution.
Full Circle respire la sincérité.
C’est un album sans prétention, qui privilégie l’émotion à la performance. Un retour à l’essentiel, porté par une sensibilité nouvelle.
Doux, lumineux et introspectif, il s’impose comme une œuvre cohérente, qui accompagne plus qu’elle n’impressionne.
Un disque qui s’écoute facilement, mais qui reste.
8/10
Chansons favorites
- Old Man
- Flower In Bloom
- Slow Tonight
- Sister With Me
- Red Moon
- Fear Can’t Hurt Any More Than a Dream
- Day of Us (avec Kaidi Akinnibi)
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