[Critique] Flea – Honora

Date de sortie : 27 mars 2026
Genre : Jazz / Jazz fusion

Plus de quatre décennies après avoir cofondé les Red Hot Chili Peppers, Flea renoue avec l’essence même de la musique qui l’anime depuis toujours.

Multi-instrumentiste habité, il revient à une approche plus instinctive, profondément enracinée dans ses influences premières.

À 63 ans, il lance Honora, son tout premier album solo — un projet audacieux qui s’aventure dans un territoire où se croisent jazz psychédélique et expérimentation sonore.

L’album, composé de 10 morceaux, propose une exploration riche et texturée, entre jazz fusion et funk, relevée de touches de punk, d’électro et de psychédélisme. À travers ces compositions, Flea rend hommage aux artistes qui ont nourri son parcours et façonné son identité musicale.

Intitulé en l’honneur d’un membre de sa famille, Honora combine six pièces originales et quatre reprises d’œuvres signées George Clinton, Jimmy Webb, Frank Ocean et Ann Ronell. Ce projet concrétise une ambition qu’il porte depuis longtemps : créer un album instrumental centré sur le groove, l’improvisation et les ambiances.

L’album est produit par le saxophoniste et producteur Josh Johnson, connu notamment pour son travail avec Leon Bridges.

 

Sur le plan musical, Honora se déploie comme un véritable voyage sonore.

Flea y retrouve la trompette et la basse, entouré d’un collectif éclectique issu du jazz moderne et du rock expérimental.

On y croise notamment Jeff Parker à la guitare, Anna Butterss à la basse, Deantoni Parks à la batterie, ainsi que des invités vocaux tels que Thom Yorke et Nick Cave.

Mauro Refosco et Nate Walcott viennent également enrichir ce projet ambitieux.

Revenons à Honora : ici, Flea puise pleinement dans son charisme musical pour livrer un jazz fusion aussi vibrant que saisissant.

Tout au long de l’écoute, on retrouve cette signature méditative et exploratoire, ancrée dans un jazz libre, presque flottant.

Des textures de cordes s’entrelacent avec les lignes de basse funky de Flea, tandis que sa trompette dialogue avec la flûte de Derek Davis, la clarinette de Brian Walsh et le vibraphone envoûtant de Sasha Berliner.

Impossible de ne pas souligner le travail de Josh Johnson, également présent au saxophone, aux synthétiseurs et au piano, qui livre une performance transcendante.

À travers cette richesse sonore, une poésie se dessine — portée par une sensibilité presque spoken word — comme une ode à la paix et à l’amour, loin du bruit et des tensions politiques.

On y ressent un retour à l’essentiel, une volonté de vivre pour quelque chose de plus grand.

Son interprétation, à la fois posée et habitée, vibre d’une intensité sincère.

Chaque note semble guidée par l’instinct, chaque passage respire la liberté.

Avec cet opus de jazz fusion, Flea signe une œuvre libre, instinctive et lumineuse.

Un projet audacieux qui, à mes yeux, dépasse même en créativité et en ampleur les albums récents des Red Hot Chili Peppers.

Un véritable coup de cœur pour cet univers riche, assumé et profondément inspiré.

Note : 10/10

Chansons favorites :

  • Free as I Want To Be
  • Thinkin About You (Frank Ocean)
  • Wichita Lineman (avec Nick Cave)
  • Frailed
  • Traffic Light (avec Thom Yorke)
  • A Plea
  • Maggot Brain (Funkadelic)

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