[Critique] Laurence Castera — Les choses qui nous liaient

Date de sortie : 21 avril 2026
Genre : Folk

Sept ans après le très percutant Les Hauts Lieux (2019), l’auteur-compositeur-interprète Laurence Castera revient avec un troisième album où il explore une forme de beauté brute, portée par des bouleversements constants.

Dans un monde où tout tend vers la perfection — et où l’IA prend de plus en plus de place, au même titre que certaines dérives humaines — Castera choisit de faire les choses autrement.

Avec Les choses qui nous liaient, il propose neuf pièces de folk dépouillé, teinté de blues et d’indie pop rugueuse. L’album, capté en grande partie en live, assume pleinement ses imperfections : on y entend un train qui passe, un coup de tambourin en trop, un éclat de rire après une bonne prise.

L’ensemble peut presque donner l’impression d’une maquette, d’une ébauche volontairement imparfaite — un choix assumé, selon Castera.

Pour la co-réalisation, il s’entoure de Salomé Leclerc.

La majorité des morceaux, enregistrés sur le vif, offrent un folk sans artifices, avec une écriture plus directe que poétique.

Il y aborde les fractures nécessaires dans les relations, la préservation de l’identité et les liens familiaux et amicaux.

Les textes, plus frontaux que sur ses précédents travaux, racontent une vie confrontée aux intempéries, cherchant à grandir à travers l’expérience.

 

 

Musicalement, l’approche reste minimaliste : guitares acoustiques, motifs répétitifs portés par la spontanéité, voix rauque et fragile, parfois teintée de blues.

S’ajoutent des percussions brutes, une basse discrète et quelques touches de piano mélancolique.

L’ensemble oscille entre improvisation et atmosphère de fin du monde, entre désorientation et contemplation.

Parmi les musiciens, on retrouve Charles Blondeau, Pierre-Olivier Gagnon et Camille Gélinas, avec Pierre Girard au mixage et Benoît Fecteau au matriçage.

Laurence Castera livre ici un album vivant mais volontairement inégal.

Cette irrégularité, loin d’être un défaut, laisse respirer les textes entre introspection et colère maîtrisée.

Refusant de stagner ou de suivre les codes, il propose une œuvre fluide, traversée de contradictions — à l’image de la vie elle-même.

Plus on écoute l’album, plus sa direction frontale et assumée s’impose.

Note : 7/10

Chansons favorites :

  • Volcan
  • J’sais plus de quoi j’ai peur
  • Rivière
  • Vague (en duo avec Salomé Leclerc)

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