
Date de sortie : 5 juin 2026
Genre : Folk / Bluegrass / Trad
Six ans après la parution du livre-album best-seller J’ai Bu, le QRBP repart de plus belle avec un sixième opus, accompagné d’un jeu de société — un autre projet loufoque à la hauteur de leurs chansons festives qui font leur renommée aux quatre coins du Québec depuis leur premier microsillon Sweet Mama Yeah! (2010).
Quoi qu’il en soit, le groupe saguenéen est de retour avec Qu’acoustis-je Qu’ouïs-je Qu’entends-je, une collection savoureuse de virelangues fidèle à leur verve piquante.
On y retrouve des sonorités qui ne démordent pas du folk, bluegrass, punkish sale, jazz manouche, avec un peu d’alcool et un peu de gypsy qui swingue du rockabilly rugueux, dans un trad québécois chaud comme la braise.
Enregistré live au Studio Le Bocal au Saguenay–Lac-Saint-Jean, là où la magie persiste dans sa signature qu’on déteste ou qu’on raffole, l’album bénéficie d’une réalisation bien dosée, dans le pas propre et les rires bien gras de tout le monde.
La réalisation est de Pascal Beaulieu, complice de longue date qui connaît le quatuor depuis belle lurette.
Pour ce sixième record, le QRBP continue de chanter la vie atypique du monde rural, les amours tenaces, la parentalité dans un monde chaotique, le climat social et la technologie néfaste.
On porte le crachoir sans censure, avec beaucoup de salive, sur la vie et ses travers.
On y croise une anecdote de porte mal fermée dans un campeur qui mène à des situations légendaires, la vie de musicien bohémien, le vieillissement, l’histoire d’un gars et d’un trip de mush qui vire au vinaigre.
Ici, la plume de Le Pad ne cherche pas à faire briller une poésie pleine de “cuteness”, mais plutôt à faire sortir le méchant, le beau et l’incompréhensible que la vie peut nous foutre en pleine poire.
On parle également de la condition de notre planète à l’envers, à travers la pollution sonore, politique et visuelle de notre monde.
Ça pique partout, ça fait réfléchir et surtout ça fait danser fort.
QRBP mise sur l’authenticité de ses propos, dans une langue qui sacre, qui swing et qui pue la vérité.

Musicalement, c’est les guitares punk & folk, l’harmonica, la cuillère des “ratchets”, les jouets et grognements de JP Le Pad et sa voix râleuse, la mandoline, le banjo, le bouzouki, le vibraslap, la voix de Nic Capitaine cool Lfalmme, ainsi que le violon et la voix de Madeleine Bouchard de Ch’coutimi-Nord, et la contrebasse jazz-blues-rock qui groove de François “Cobra” Gaudreault.
Des chœurs d’enfants qui chantent l’apocalypse à nos portes, avec en bonus un parfum de musique irlandaise, louisianaise et latine, un petit clin d’œil.
La bande continue de shaker notre conscience tout comme nos hanches avec un album acoustique brut, qui invite à la fête mais également à réagir et à faire des changements pour la condition humaine.
Le groupe ne lésine pas sur les efforts et ne fait jamais les choses à moitié pour nous offrir Qu’acoustis-je Qu’ouïs-je Qu’entends-je, un album cru, poilu, effronté et bruyant.
9/10
Chansons favorites :
- Les beaux dimanches
- J’chiale su’es chialeux
- Tout seul
- C’tait une fois un gars comprends-tu
- Faut c’qui folk
- P’us d’planète
- Trop vieux pour vieillir
- Le brasseux d’vaisselle
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