
Date de sortie : 26 juin 2026
Genre : Classique / Jazz
Depuis son retour discographique avec Tales of Solace et Winter Poems, deux albums parus en 2020 au cœur de la pandémie, le compositeur, arrangeur et pianiste Stephan Moccio semble avoir trouvé un équilibre artistique remarquable.
Depuis, il façonne une œuvre où le néoclassique s’épanouit avec grâce, laissant parfois filtrer une sensibilité pop à la fois lumineuse et élégante.
Après Vol. 5 (2021), Lionheart (2021) et Legends, Myths and Lavender (2024), Moccio poursuit son introspection. Loin des mégasuccès qu’il a écrits pour The Weeknd, Miley Cyrus ou Céline Dion, il revient à une musique profondément personnelle, façonnée par les souvenirs et les émotions qui ont marqué son parcours.
Avec Scenes from a Velvet Room, il signe un album instinctif, cinématographique et empreint d’une grande sérénité.
L’œuvre nous transporte à l’époque où il était pianiste résident au Four Seasons de Toronto. Les salons feutrés, les verres de whisky qui tintent, les voyageurs de passage et les confidences murmurées deviennent le décor sonore d’un disque qui célèbre la beauté des instants suspendus.
Les douze compositions replongent l’auditeur dans un univers néoclassique raffiné, où les arpèges de piano rencontrent un jazz velouté, enveloppé d’un parfum de nostalgie, d’insomnie et de décalage horaire. Pour enrichir cette ambiance, Moccio invite le légendaire saxophoniste Branford Marsalis sur trois pièces, dont la présence apporte chaleur et profondeur à l’ensemble.

Musicalement, Scenes from a Velvet Room évoque les images d’un vieux film en noir et blanc.
Chaque morceau semble raconter une nuit qui s’étire dans une chambre d’hôtel, où les blessures du cœur se dissipent doucement au fil des heures.
Les envolées classiques dialoguent naturellement avec le saxophone de Marsalis, créant des paysages sonores d’une grande élégance.
Plus détaché des influences pop qui traversaient certains de ses précédents albums, Moccio privilégie ici un jazz intimiste et contemplatif.
Son piano résonne comme les derniers rayons d’un soleil couchant, laissant les notes se fondre dans une douce réverbération empreinte de nostalgie.
Quelques touches de bossa-nova, de samba et de lounge jazz viennent subtilement enrichir la palette musicale. L’ensemble se distingue par sa fluidité et sa légèreté. Sans jamais verser dans une mélancolie excessive, l’album privilégie la contemplation, le calme et l’évasion.
Scenes from a Velvet Room est un disque qui invite à ralentir.
Il accompagnera aussi bien une soirée pluvieuse qu’un café dégusté au petit matin, lorsque le temps semble enfin s’arrêter.
Une œuvre délicate, élégante et profondément enveloppante, qui confirme une fois de plus tout le raffinement de Stephan Moccio.
Note : 9/10
Chansons favorites
- Room 3A
- I Break Everything I Love
- Beneath The Amber Hour
- Positano
- Bossa Noir
- The Beautiful Undoing
- Like An Old Photograph
- Opaline
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