[Critique] Weezer — Weezer (The Gold Album)

Date de sortie : 21 août 2026
Genre : Rock

Après la dégringolade des quatre EP conceptuels SZNZ (2022), qui m’avaient laissé plutôt froid, et un Van Weezer (2021) qui renouait avec les sonorités plus rugueuses du groupe sans toutefois réussir à me convaincre complètement, je dois avouer que la tournée célébrant les 30 ans de The Blue Album avait ravivé quelque chose.

Retrouver Weezer dans son état brut, sur scène, m’avait donné envie de croire à nouveau au groupe.

Et voilà que River Cuomo et sa bande reviennent avec leur 20e album, Weezer (The Gold Album), avec la promesse de renouer avec le Weezer plus instinctif, crunchy et sans artifices de leurs débuts.

Et franchement, le pari fonctionne.

Voici donc The Gold Album, une collection de 10 pièces qui replonge dans l’ADN du groupe avec un rock vitaminé, nostalgique et rempli de grosses guitares.

Weezer y mélange rock garage, grunge, énergie juvénile et quelques surprises spontanées.

On pourrait presque parler d’un best-of inédit de leurs différentes incarnations musicales accumulées au fil de trois décennies.

Pour ce nouvel opus, le groupe s’est entouré du producteur pop suédois Klas Åhlund, connu notamment pour son travail avec Madonna, The Weeknd et Iggy Pop, ainsi que de Kenneth Blume. Leur objectif était clair : retrouver et surtout capturer l’essence de Weezer.

Cette volonté d’authenticité se ressent jusque dans la manière d’enregistrer. Certains morceaux ont été captés en direct, sans correction de tonalité, sans métronome et sans grille rythmique.

Une approche qui donne au disque une spontanéité particulièrement bienvenue.

Coécrites par trois des quatre membres du groupe, les chansons abordent le passage du temps, le vieillissement, l’héritage musical de Weezer et ce que le groupe souhaite transmettre à la prochaine génération.

On y retrouve des souvenirs de jeunesse, des histoires d’amour, des étés qui se sont terminés trop vite, de l’humour caustique et, évidemment, quelques clins d’œil à leur propre histoire.

Musicalement

Weezer ressort l’artillerie lourde.

Grosses guitares saturées, basse bien grasse, batteries percutantes et une bonne dose de grunge : tout est là pour nous ramener dangereusement vers le Weezer des grandes années.

On pense évidemment à The Blue Album (1994), Pinkerton (1996), mais aussi à Everything Will Be Alright in the End (2014).

Le son est organique, brut, sans maquillage. Il y a de la distorsion, de l’énergie et surtout cette petite dose d’insouciance qui semblait parfois avoir disparu de leur musique au fil des années.

Et franchement, ça fait du bien.

Je n’attendais plus grand-chose de Weezer.

Pourtant, le groupe débarque avec un rock puissant, nostalgique et franchement réjouissant.

Est-ce révolutionnaire ? Absolument pas.

Mais est-ce que c’est exactement ce que j’avais envie d’entendre de Weezer ? Oui.

Cru, spontané, mélodique et droit au but.

The Gold Album ne réinvente pas la roue, mais il rappelle pourquoi on est tombé amoureux de Weezer en premier lieu. C’est le plaisir de retrouver les boys dans leur élément, avec cette énergie qui leur appartient depuis toujours.

Et pour moi, c’est clairement le meilleur Weezer depuis 2014.

9/10

Chansons favorites

  • Shine Again
  • C.E.O.
  • The Show Must Go On
  • Say Yes
  • Nowhere
  • We Might As Well Be Strangers (ft. Wednesday)

 

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