Date de sortie : 21 août 2026
Genre : Country
Onze ans après The Desired Effect (2015), son deuxième opus solo aux sonorités synth-pop très eighties, Brandon Flowers profite d’une pause entre deux tournées avec The Killers pour effectuer un virage à 90 degrés.
Pour son troisième effort solo, le chanteur s’aventure dans une musique qu’il a toujours affectionnée : la country-western et le folk de road trip, cette musique qui accompagne les longues routes et qui pousse naturellement à l’introspection.
Voici donc Trasher, un album qui embrasse une country folk narrative et acoustique, bien éloignée des claviers de ses précédents projets et beaucoup plus près des pedal steel, des guitares poussiéreuses et des grands espaces américains.
Flowers navigue ici dans un univers qui se situe quelque part entre Johnny Cash, Bob Dylan et Bruce Springsteen.
Enregistré au mythique RCA Studio A de Nashville, Trasher est coproduit par Flowers, Shawn Everett et Jonathan Rado, avec la collaboration de Jed Jones à la production.
Sur ce troisième album solo, Flowers s’appuie sur des chansons qui explorent la dure réalité de la classe ouvrière au sein de l’écosystème des casinos de Las Vegas. Il puise également dans sa propre histoire familiale, dans une vision parfois fataliste du vieillissement, du temps qui passe et de notre manière de regarder cette réalité qui transforme peu à peu nos vies.
La vie change de peau.
Trasher agit aussi comme une sorte de précurseur à Pressure Machine de The Killers (2021), notamment dans cette façon de replonger dans les souvenirs d’enfance de Brandon Flowers et de regarder son passé avec une certaine lucidité.
Sa plume peut se montrer brutale par moments, mais elle sait également provoquer la réflexion.
Musicalement
Brandon Flowers s’offre une country folk dans la plus pure tradition. Rien de véritablement révolutionnaire ici, mais un exercice maîtrisé qui suit tranquillement son chemin.
Guitares acoustiques, pedal steel, chœurs gospel riches et cette voix qui sert de phare aux mélodies tenaces composent l’essentiel du paysage sonore.
Flowers peut également compter sur la participation de David Rawlings à la guitare, Bruce Bouton au pedal steel et Charlie McCoy à l’harmonica, des musiciens qui apportent une belle authenticité à l’ensemble.
L’exercice est convaincant, mais malheureusement, je me suis lassé assez rapidement.
Le problème n’est pas le talent de Brandon Flowers, qui demeure indéniable. C’est plutôt cette impression d’entendre encore un artiste de plus se recycler dans la country, à une époque où plusieurs artistes du genre réussissent à surprendre et à repousser les limites de cette musique.
J’ai parfois eu l’impression d’écouter un album qui coche toutes les cases du country folk américain sans réellement réussir à se démarquer.
Cela dit, quelques pièces valent clairement le détour et démontrent que Flowers possède encore cette capacité à raconter des histoires avec sincérité.
Je vais certainement y revenir plus tard, car Trasher mérite peut-être une seconde chance, loin de la première écoute.
6/10
Chansons favorites
- Miss America
- Paradise
- Does It Ever Cross Your Mind?


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