[Critique] Alabama Shakes — I Must Be Dreaming

Date de sortie : 28 août 2026
Genre : Soul

Après 11 ans d’absence dans le paysage musical, Alabama Shakes reprend du service, désormais en trio. Il faut dire qu’il s’en est passé des choses pour le groupe, notamment pour sa chanteuse Brittany Howard, qui a publié deux albums solo, Jaime (2019) et What Now (2024).

Après leur deuxième opus, Sound & Color (2015), Alabama Shakes semblait avoir atteint un niveau de puissance capable de faire exploser le succès critique et populaire auprès de son public. Lorsque la nouvelle est tombée que le groupe était de retour avec un troisième album, plusieurs redoutaient un disque nostalgique destiné à reprendre le flambeau. Or, c’est tout le contraire qui se produit : un véritable élan d’inspiration semble être au cœur de ce grand retour.

Alabama Shakes renoue avec sa créativité et explore notre monde ainsi que les tensions qui le traversent.

Voici donc I Must Be Dreaming, un album de 11 titres qui nous plonge dans des sonorités de soul psychédélique, de funk seventies, avec un parfum de Motown, quelques touches de trip-hop et juste ce qu’il faut de rock pour faire frétiller l’ensemble.

Alabama Shakes a choisi de travailler avec le producteur Shawn Everett (The Killers, Local Natives, Hozier, Adele, Miley Cyrus) pour confectionner cet album entre le Sound Emporium Studios et le Blackbird Studio, à Nashville, au Tennessee.

Brittany Howard et ses comparses s’attaquent à des chansons qui explorent le chaos du monde actuel, les tensions politiques et les amours turbulentes qui nous façonnent.

La plume se veut réfléchie, légitime et profondément humaine lorsqu’elle aborde la suite des choses dans un monde qui semble s’assombrir. Il devient alors important de dessiner une forme d’espoir à travers tout ça.

C’est justement là qu’interviennent les nouvelles pièces d’Alabama Shakes. Sans tomber dans un engagement bonbon ou dans le cliché, le groupe dresse plutôt un portrait lucide de l’actualité et de notre condition.

Musicalement

Brittany Howard fait résonner ses guitares électriques entre un punch bluesy et une soul psychédélique, tandis que la basse funky et les batteries aux accents soul et trip-hop donnent à l’ensemble une énergie conquérante. Le groupe ajoute également quelques éléments surprenants, comme des flûtes, des sitars et des clavecins, sans oublier les chœurs gospel saupoudrés un peu partout.

Et puis, il y a évidemment la voix grandiloquente de Brittany Howard, qui possède cette qualité d’interprétation absolument subjuguante, autant dans les notes aiguës que dans les mélodies plus posées, teintées d’un feeling mélancolique.

Je serai très franc : oui, on reconnaît la signature du groupe, mais cet album n’est aucunement une suite directe de leurs précédents travaux. Alabama Shakes nous offre plutôt un nouveau chapitre, sans se soucier outre mesure de l’héritage de ses albums précédents.

Le trio mise plutôt sur l’audace et laisse parler la musique d’elle-même, dans un monde où l’on censure trop souvent la créativité au profit d’une industrie qui recherche la perfection.

Avec I Must Be Dreaming, Alabama Shakes nous transporte dans une musique soul éloquente, ambitieuse et encore une fois criante de vérité.

Un retour inspiré qui donne un peu d’espoir pour ce qui s’en vient dans un monde qui manque cruellement d’amour.

10/10

Chansons favorites

  • I Feel Hope Coming
  • Time
  • Another Life
  • American Dreams
  • Garden
  • How Love’s Supposed to Go

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