[Critique] — Bonobo — Distance in Static


Date de sortie : 11 septembre 2026
Genre : Électronique

Après 25 ans de carrière, Simon Green, mieux connu sous le nom de Bonobo, n’a plus grand-chose à prouver. DJ, producteur et musicien britannique, il s’est toujours distingué par sa capacité à faire dialoguer différents univers musicaux pour créer une électronique aussi dansante qu’introspective.

Avec Distance in Static, son huitième album, Bonobo semble pourtant vouloir refermer un chapitre.

Une période amorcée avec Migration en 2017, puis prolongée avec Fragments en 2021. L’artiste semble aujourd’hui prêt à redéfinir sa façon d’être musicien, comme il le laisse entendre lui-même : « Je ne sais pas encore ce que l’avenir me réserve, mais pour l’instant, il s’agit pour moi de redéfinir ma façon d’être musicien. »

Le résultat prend la forme de 14 morceaux qui traversent une multitude de territoires sonores. Électronique, trip-hop, downtempo, nu jazz, néo-classique, soul et house se côtoient avec une étonnante fluidité.

Les langues participent elles aussi à cette richesse, avec des morceaux en anglais, en ourdou et en japonais, tandis que des instruments et des échantillons issus des traditions iraniennes et chinoises ajoutent encore une couche de profondeur à l’ensemble.

Enregistré entre Los Angeles, Tokyo et Londres, Distance in Static porte naturellement cette impression de mouvement et de voyage.

 

Musicalement

Entouré d’artistes comme Arooj Aftab, Joy Crookes, Nilüfer Yanya, Ichiko Aoba, Nicole Miglis et Aanya Martin, Bonobo construit un album où les percussions deviennent le moteur et les voix, de véritables points de repère.

Les morceaux oscillent entre pulsations destinées au plancher de danse et passages beaucoup plus contemplatifs. Bonobo parle de voyages, d’amour, de croissance personnelle, de fragilité et de liens humains, mais sans jamais tomber dans une lourdeur inutile. Tout passe d’abord par la musique.

Ce qui frappe surtout, c’est cette volonté de faire évoluer sa formule sans complètement abandonner ce qui fait son identité.

Bonobo reste Bonobo.

Ses textures chaleureuses, ses grooves précis et cette façon de mélanger l’organique et l’électronique sont toujours bien présents.

Et soyons honnêtes : il n’y a pas ici de révolution musicale. Distance in Static ne réinvente pas la roue et ne cherche probablement même pas à le faire.

Mais est-ce vraiment nécessaire après 25 ans de carrière?

Parce que lorsqu’un artiste possède encore la capacité de créer une musique aussi vivante, enveloppante et évocatrice, la maîtrise compte parfois davantage que la nouveauté.

Entre les moments de club pulsés, les grooves atmosphériques et les longues respirations contemplatives, Bonobo referme donc un cycle avec élégance.

Distance in Static ressemble moins à un nouveau départ qu’à une porte entrouverte sur la suite.

La prochaine ère de Simon Green reste encore inconnue.

Et honnêtement, après un album comme celui-ci, je suis plutôt curieux de voir où il nous emmènera.

Note : 8/10

Chansons favorites :
• Fire on the Water (feat. Arooj Aftab)
• Youth’s Fountain (feat. Nilüfer Yanya)
• Cycles
• Dawn
• Me and You
• Mercury (feat. Kanako Yamamoto)

 

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