[Critique] Nothing But Thieves — Stray Dogs

Date de sortie : 25 septembre 2026
Genre : Rock

Après nous avoir entraînés dans l’univers futuriste et sombre de Dead Club City en 2023, avec son savoureux mélange de rock et de disco dansant, Nothing But Thieves délaisse les grands concepts et retourne à l’essentiel : l’instinct, l’énergie et surtout le plaisir de jouer du rock.

Pour son cinquième album, la formation anglaise choisit de revenir vers quelque chose de plus brut, plus spontané et parfois même plus chaotique. Une façon de retrouver cette intensité qui caractérisait ses débuts, mais aussi cette envie toute simple de faire du bruit, de monter sur scène et de laisser les instruments parler.

Voici Stray Dogs, douze morceaux qui nous ramènent dans un rock énergique, lourd et mélodique, auquel viennent se greffer des influences grunge et des rythmes percutants.

L’album est une nouvelle fois réalisé par Dom Craik, guitariste et claviériste du groupe, qui s’était déjà illustré derrière la console sur Dead Club City. Enregistré au studio Angelic, Stray Dogs bénéficie d’une production qui laisse davantage de place à l’instinct et à l’énergie du groupe.

Là où Dead Club City construisait un univers et racontait presque une histoire à lui seul, Stray Dogs regarde davantage vers l’humain.

Les chansons parlent de communauté, de liens, de rencontres et de cette volonté de construire quelque chose ensemble. Nothing But Thieves puise dans son propre parcours pour parler de ce long chemin qui mène à l’acceptation de soi et au bonheur d’être enfin là où l’on souhaite être.

Il y a également cette relation particulière avec le public. Un public qui grandit à vue d’œil et devant lequel le groupe semble prendre un plaisir évident à jouer.

Stray Dogs célèbre les imperfections, les petits détours et les accidents de parcours qui finissent souvent par donner à nos vies leur véritable couleur.

 

Musicalement, le groupe frappe encore fort.

Les guitares de Dom Craik et Joe Langridge-Brown sont mordantes, épaisses et terriblement mélodiques. La basse de Philip Blake donne du mouvement aux compositions tandis que James Price propulse le tout derrière sa batterie, avec un groove qui empêche l’album de s’enliser dans sa lourdeur.

Dom Craik ajoute également quelques touches électroniques et atmosphériques aux claviers, suffisamment discrètes pour enrichir les morceaux sans jamais voler la vedette aux guitares.

Et puis il y a Conor Mason.

Encore une fois, le chanteur possède cette capacité presque vertigineuse à faire passer une émotion dans sa voix. Il peut être fragile, mélancolique, puissant et complètement déchaîné en l’espace de quelques mesures.

C’est l’une des grandes forces de Nothing But Thieves et, sur Stray Dogs, sa voix demeure au centre de cette décharge électrique.

Pour être franc, le groupe semble ici avoir choisi la spontanéité plutôt que la construction d’un nouveau concept spectaculaire.

Et j’aime ça.

Il y a moins de démonstration, moins de recherche d’un grand concept et davantage de place pour cette chose toute simple qui a probablement donné envie à ces cinq musiciens de former un groupe au départ : le plaisir de jouer du rock.

Stray Dogs est moins lisse, plus instinctif et parfois plus rugueux.

Sans tomber complètement dans le crasseux, Nothing But Thieves retrouve une certaine urgence qui fait du bien.

Le groupe continue de gravir les échelons, un pas à la fois, en conservant cette capacité à écrire des chansons accrocheuses tout en leur donnant suffisamment de mordant pour ne jamais tomber dans la facilité.

Stray Dogs n’est peut-être pas l’album le plus ambitieux de Nothing But Thieves.

Mais c’est probablement l’un des plus spontanés.

Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin : brancher les amplis, monter le volume et simplement rocker.

7/10

Chansons favorites :

  • A Different Kind of Happiness
  • Evolution
  • Stray Dogs
  • A.I Jesus
  • American Confidence
  • Testosterone

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