Date de sortie : 30 septembre 2026
Genre : Blues rock
Presque quatre ans après Honest Lies (2022), le virtuose du blues Justin Saladino revient avec un nouveau défi : produire ce troisièmes album de façon indépendante, mais surtout avec cette soif presque insatiable de faire du blues.
Avec Steal My Soul, le Justin Saladino Band met la pédale au plancher et nous livre un disque aussi explosif qu’exaltant, comme un Boeing 747 lancé plein gaz.
Dès les premières notes, le titre Steal My Soul prend tout son sens.
Saladino replonge directement dans les racines du blues avec une passion dévorante.
Sa guitare rugit, les solos s’envolent et la slide devient rapidement l’un des grands fils conducteurs de l’album.
Neuf pièces coulées dans un blues rock brûlant, où se mélangent R&B, funk succulent, country rugueuse, sonorités texanes poussiéreuses et touches de southern rock.
Un cocktail qui sent les amplis chauds, la sueur et les longues nuits sur scène.
Saladino semble surtout vouloir ramener la guitare au centre du jeu. Chaque morceau possède cette électricité brute qui rappelle pourquoi le blues rock demeure aussi puissant lorsqu’il est joué avec les tripes.
On retrouve quelque part dans cette approche l’ombre de Gary Clark Jr., Colin James, Joe Bonamassa, Eric Clapton, John Mayer et même Led Zeppelin, sans que Saladino cherche à jouer au clone.
Il ne se la joue pas poète et ne cherche pas à réinventer le monde.
Il raconte plutôt les déceptions amoureuses, les moments où la vie nous envoie dans les tranchées les plus sombres, la mélancolie des au revoir et ces leçons qu’on finit par apprendre avec le temps.
Une musique qui s’accroche à la peau comme un vieux manteau de cuir.
Toutes les chansons ont été écrites par Justin Saladino, avec la collaboration de Dan Bano et Brittany Kennell, à l’exception de Grinnin’ In Your Face, une reprise d’Eddie « Son » House Jr.

Musicalement, le résultat est solide comme le roc. Justin Saladino mène la charge avec sa voix éclatante, ses guitares électriques mordantes et cette slide qui traverse l’album du début à la fin.
L’orgue B3 et les claviers de Vithou Thurber-Promtep donnent encore plus de profondeur aux arrangements, tandis que la batterie et la basse de Mario Telaro frappent avec cette attitude blues rock qui ne demande aucune permission.
Les lignes de basse d’Étienne Beausoleil apportent quant à elles une belle couleur entre blues, soul et R&B. Quelques guitares acoustiques et touches de mandoline viennent compléter le tableau, alors que Steve Marriner ajoute son harmonica et que Domenico Carbone participe à la voix et à la guitare additionnelle.
Mais ce qui frappe surtout, c’est le côté organique de l’ensemble. Rien ne semble trop calculé.
Ça joue, ça respire, ça transpire.
Le Justin Saladino Band puise dans les grands classiques qui ont nourri sa passion pour le blues, tout en leur donnant une énergie bien actuelle.
Le métier est là.
Ça s’entend.
Justin Saladino sait exactement comment faire parler sa guitare et comment faire résonner sa voix dans un blues rock rodé au quart de tour. À chaque écoute, ça rentre dedans.
Steal My Soul, c’est un blues rock viscéral, animal et sans filtre.
Un disque qui rend hommage aux racines du genre sans jamais en pasteuriser l’âme.
Le Justin Saladino Band livre un troisièmes album généreux, sale, spectaculaire et surtout terriblement vivant.
On dévore les neuf pièces une après l’autre.
Une autre leçon apprise avec audace.
9/10
Chansons favorites :
. Mud
. Leave Me Blue
. Grinnin’ In Your Face
. Steal My Soul
. Just Another Lesson Learned
. Don’t Know What You Got

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