Ariane Moffatt-Airs de jeux

Après l’interruption soudaine de la tournée pour son magnifique album Incarnat (2021), Ariane Moffatt déjoue le syndrome de la page blanche en rompant avec ses habitudes.

Plutôt que de puiser dans son propre vécu, elle élargit son regard et part en quête de nouvelles histoires à raconter.

Elle trouve son inspiration sur les bancs d’école et à travers divers projets de composition – documentaires, thèmes musicaux, créations pour le théâtre –, une façon de renouveler son souffle créatif et de revisiter l’essence de son langage musical.

Vingt-cinq ans après ses débuts, forte d’un baccalauréat en chant et d’une expérience en enseignement, notamment avec un cours de composition à l’université Concordia, elle façonne son nouvel espace de création : le MOM Studio.

C’est entre ces murs qu’elle brouille une fois de plus les attentes et surprend avec la sortie de son huitième album, sur lequel elle combat le jeu par le feu.

Voici donc Airs de jeux, un album de 12 titres où la disco-pop électro rencontre un R&B sensuel et un funk vibrant.

En grande partie façonné au MOM Studio d’Ariane, l’album a ensuite été mixé par son voisin Pascal Shefteshy.

Il s’appuie sur des collaborations clés : Constance et Guillaume Guilbault, partenaire central à la production et à la réalisation, Jesse Mac Cormack, une session parisienne chez son ami Albin de la Simone, ainsi que le retour de ses alliés de toujours, Jean-Phi Goncalves et Alex McMahon.

Ariane Moffatt nous offre des chansons pop qui explorent le terrain de jeux que peut être la vie, entre nos moments de plaisir, la joie, la tristesse.

Entre nos sourires en coin, un besoin de laisser parler le cœur sans tabous, elle continue de dénouer les nœuds un par un, déjouer la solitude et pleurire les habitudes dans sa plume.

Tout y est exploré, mais cet album est également un moyen pour elle de trouver la paix intérieure, tout en mettant en lumière l’éclat qu’elle porte en elle.

La grande force d’Ariane Moffatt, c’est sa poésie vulnérable où les joies embrassent les peines pour ensuite la rendre à l’état serein.

 

 

 

Bien sûr, musicalement, l’album offre une pop électro polyvalente qui rappelle des projets précédents comme 22H22 (2015) et Petit mains précieuses (2018) ou son projet SOMMM

Des synthés aux moments dansants, dans un style eighties et dream pop, accompagnés de basses et de batteries funky avec un peu de hip-hop.

Accompagnée du chœur qu’elle décrit comme des « sirènes sereines », composé d’Erika Angell, Marie-Pierre Arthur, Rose Perron et Claudia Bouvette, l’album dégage une chaleur unique du début à la fin.

Sa voix trace dans notre imaginaire un chemin entre le ministère des solitudes et les petites joies qui nous font danser, tout en nous plongeant dans le chaos de nos problèmes.

Moffatt fait partie de l’ADN du paysage musical d’ici, comme Dumas, Pierre Lapointe, Daniel Bélanger, Marc Dery, Louis-Jean Cormier… La liste est longue, je m’arrête là.

Tout ça pour dire, elle réussit à nous offrir un autre opus où la musique est plus forte que tout le reste, elle fait ses propres règles.

Airs de jeux est un album pop, un pied dans l’avalanche et l’autre sur le plancher de danse, entre nos rêves et nos idéaux.

Chansons favorites :

  • Jouer
  • J’aime mes problèmes
  • Le ministère de la solitude
  • L’amour, le danger
  • Petite joies
  • Douleur fantôme
  • Épilogue
  • Vivante