
Alors que sa popularité était à son apogée, Bernard Adamus a décidé de se retirer de la scène publique en plein essor du mouvement MeToo à l’été 2020.
Il a préféré prendre du recul pour se consacrer à son développement personnel.
Après un long périple à travers les chemins escarpés de son esprit, l’homme renoue avec la musique et nous présente son cinquième album qui arrive sans prévenir, pas sollicité pour le dire ainsi.
La grande question est de savoir si son talent est indissociable de la personne néfaste qu’il était autrefois, tourmentée par ses démons voraces?!
La curiosité m’a emporté, et voici donc mon compte rendu de son premier album depuis ‘C’qui nous reste du Texas’ (2019).
Entre tout cela, Bernard Adamus a fait couler beaucoup d’encre.
Nous voici face à un nouveau chapitre présenté par cet artiste, intitulé ‘Chansons à l’huile’. Douze pièces composent cet album, mêlant un folk rugueux et authentique, tel le bois qui réchauffe l’homme apprenant la chute.
Ils persistent à combiner le jazz manouche sombre et chaotique avec des touches de blues, soul et de funk déconstruit, la bossa nova triste.
À présent sobre depuis plusieurs années, la bête humaine Bernard Adamus n’a pas renoncé à sa poésie écorchée, toujours présente dans ses chansons crues et éclatées.
Cette fois, il partage avec nous son long parcours, entre sa lutte pour la sobriété, l’acceptation de ses erreurs, et l’avancée malgré l’ardoise de ses actes.
Avec sa voix éraillée, parfois plus introspective, il chante le vide et tout ce qui l’entoure, transmettant ainsi une dimension sidérale palpable jusqu’aux craquements de son corps.

En termes musicaux, aucune ligne directrice n’est imposée, mais une signature folk demeure toujours, forgée dans la spontanéité. Devant nous, il fait un constat honnête et soigne ses vieux os.
Voici maintenant la réponse à la question du début : est-ce que son talent est indissociable de la personne néfaste qu’il était autrefois ?
Visiblement, Bernard Adamus n’a pas perdu sa rage de vivre dans ses ‘Chansons à l’huile’, un album qui transpire de transparence.
Tout le chemin qu’il a parcouru se ressent tout au long de cet album.
Est-ce une raison de lui accorder un pardon ? Je ne sais pas, c’est à vous de voir.
Mais quoi qu’il en soit, c’est à la fois beau et triste.
Cela prouve que son talent pour exprimer les maux n’a rien à voir avec l’homme qu’il était auparavant. Ça résonne au fond de lui.
Chansons favorites :
– Quoi encore
– Le vide
– L’idiot du village
– Terre des hommes
– Crème sur
– La bête humaine