Critique –Ásgeir – Julia

 


Date de sortie : 13 février 2026
Genre : pop-folk

J’ai découvert la voix de falsetto de l’Islandais Ásgeir avec son album en anglais, le deuxième si l’on prend en compte le premier paru en 2012 dans sa langue natale.

In the Silence (2015) et son univers folktronica m’avaient immédiatement séduit.

Depuis, l’artiste a parcouru du chemin.

Sa plume s’est affirmée, son expérience s’est enrichie, notamment avec Afterglow (2017), où l’on percevait déjà une évolution plus maîtrisée.

Avec Bury the Moon / Sátt (2020) puis Time on My Hands (2022), Ásgeir a continué d’explorer sa folk, oscillant entre fidélité à ses premières émotions et tentatives plus inégales.

Après plus de dix ans de carrière, il dévoile aujourd’hui son sixième album, qui semble enfin trouver un équilibre juste entre maturité artistique et sensibilité originelle.

 

Entre les atmosphères de City and Colour, SYML, Bon Iver, Gregory Alan Isakov ou José González, Ásgeir trace désormais une voie plus personnelle.

Voici donc Julia, dix morceaux enveloppés d’une pop-folk délicate et organique, parfaitement maîtrisée, enrichie de quelques touches contemporaines et de nuances country.

On y replonge dans des ambiances éthérées et cinématographiques.

À travers ces chansons, Ásgeir médite sur les territoires de la déception amoureuse, tout en explorant le passé, les regrets et l’espoir, guidé par le personnage central de l’album : Julia. Une femme revenue d’entre les morts pour retrouver à tout prix son ancien amant.

On y évoque la perte de sa voix intérieure à force de se trahir.

La beauté de la vie y résonne avec une poésie renouvelée.

L’artiste s’affranchit dans son écriture et laisse l’émotion jaillir avec une intensité remarquable.

C’est un véritable voyage vers l’équilibre.

Auparavant, ses chansons s’inspiraient des poèmes de son père, Einar Georg Einarsson, traduits en anglais notamment par l’Américain John Grant, installé à Reykjavik depuis 2013.

À noter qu’il s’agit ici du premier album entièrement écrit par Ásgeir lui-même et coréalisé avec son fidèle complice Guðmundur Kristinn Jónsson.

 

 

Musicalement, la voix est désarmante, sans artifice, portée par des arrangements sobres et atmosphériques : guitares acoustiques, violoncelle, notes de piano, pedal steel et quelques touches de banjo.

Les percussions, utilisées comme des échos du passé, résonnent comme un guide intérieur.

Les arrangements de cuivres signés Samuel Jón Samúelsson apportent une profondeur supplémentaire et une touche presque majestueuse à l’ensemble.

Avec Julia, Ásgeir signe un voyage intime entre quête de soi et désir d’embrasser le changement.

Il franchit un nouveau cap dans sa folk mélancolique et sensible, livrant sans doute l’un de ses albums les plus aboutis.

Un album qui arrive juste à temps pour réchauffer les recoins endoloris d’un mois de février glacial : c’est doux, brumeux et profondément apaisant.

9/10

 

Chansons favorites :

  • Ferris Wheel
  • Universe
  • Julia
  • Quiet Life
  • Sugar Clouds
  • Stranger
  • Smoke

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*