[Critique] Billie Marten – Dog Eared

Date de sortie : 18 juillet Genre : Indie folk

Depuis Writing of Blues and Yellows (2016), le folk de Billie Marten n’a cessé de se transformer.
L’autrice-compositrice-interprète originaire du Yorkshire affine son art avec une douceur désarmante, toujours guidée par le désir profond de préserver son identité.

Avec Feeding Seahorses by Hand (2019), Flora Fauna (2021), puis Drop Cherries (2023), elle a façonné un univers intime où l’introspection règne en maîtresse. Elle revient aujourd’hui avec Dog Eared, son cinquième album : dix pièces d’indie folk contemporain baignées de lumière feutrée et de sincérité brute.

Pour cet opus, Marten a traversé l’Atlantique pour enregistrer à New York avec le réalisateur Phil Weinrobe (connu pour son travail avec Adrianne Lenker et Buck Meek de Big Thief). Ensemble, ils signent un disque dépouillé, nuancé, profondément humain, où la vulnérabilité devient une force.

Dog Eared explore à cœur ouvert les remous intérieurs : la quête d’identité, les douleurs qui refont surface, les amours défaits, la solitude qui s’étire. À seulement 26 ans, Marten fait preuve d’une maturité impressionnante, portée par une plume instinctive, à la fois délicate et lucide. Elle chante les transformations qu’on accepte pour mieux se comprendre et avancer.

Musicalement, l’album repose sur des guitares folk caressantes, des nappes de synthé ouatées comme des songes et des percussions légères, presque évanescentes. Sa voix, aérienne et fragile, se dépose comme un souffle sur ces paysages sonores apaisants. S’ajoutent à cela des cordes discrètes soudées dans une enveloppe folk americana, et des guitares électriques feutrées et bluesy, qui ajoutent du mordant à ses mélodies fines.

Pas de fioritures ici. Aucun vocodeur, ni orchestrations envahissantes. Juste la vérité nue de ses chansons — celle d’une jeune femme qui transforme ses blessures en poésie.

Dog Eared est un album d’indie folk épuré, sensible et sans artifices. Un disque qui ne cherche pas à impressionner, mais à réconforter, doucement, ceux qui l’écoutent avec le cœur ouvert.

Parfois, trop de crémage fait disparaître les saveurs. D’autres fois, ce sont les ingrédients les plus simples qui, une fois bien accordés, révèlent toute la richesse d’un plat.

C’est exactement ce que propose la musique de Billie Marten : une délicatesse sincère, sans artifice, où chaque note trouve sa juste place.

Un album qui vous laissera émerveillé.

8 /10

Chansons coups de cœur :
– Planets
– Leap Year
– Goodnight Moon
– The Glass
– Crown
– Feeling
– No Sudden Changes
– Clover