
Date de sortie : 19 septembre
Genre : néo-soul
15 ans après son premier album Better in Time (2010), qui a révélé l’artiste au grand jour, et après son incroyable Pearl (2023) et l’EP State of June (2024), l’auteur-compositeur-interprète Bobby Bazini s’offre un nouveau chapitre.
Pour l’occasion, il signe son sixième album en carrière, mais le premier en français, une aventure qui l’a mené à un retour aux études et à un travail approfondi sur la langue avant de plonger dans ce projet.
Bazini tente le tout pour le tout avec son complice Connor Seidel
Allons voir si la musique suit le rythme et si cette offrande en français est crédible
Voici Seul au cinéma : 9 chansons dans des sonorités qui s’orientent encore vers le néo-soul, mais moins orchestrales et grandioses, pour laisser place à une musique épurée et nue, très proche du folk sensible, entre Daniel Bélanger, Dumas Michael Kiwanuka, Bill Withers, Jean-Pierre Ferland
Un travail spectaculaire et méticuleux avec son complice à la réalisation, Connor Seidel (Half Moon Run, Les Sœurs Boulay), qui a également travaillé sur son précédent album
La formule est gagnante : Bazini la pousse au maximum de son potentiel
Bazini nous offre des pièces folk-soul intimistes qui plongent dans les méandres de l’introspection, affrontent l’inédit et apprivoisent la solitude comme un ami qui passe au bon moment
L’album se déroule comme neuf mini-films, racontant des fragments d’histoire qui font ressentir, réfléchir et résonner son intérieur vers l’extérieur
Mais c’est surtout un album qui parle de tous les chemins que l’on prend pour parvenir à accepter les choses et la solitude
La poésie de Bazini ne manque pas de profondeur, même si parfois on a de la difficulté à saisir toutes les images proposées
Bazini s’entoure pour l’écriture de ce premier opus en français de sa douce Odessa et de Connor, formant un beau trio de co-écriture

Musicalement on retrouve des guitares acoustiques entre soul, folk et jazz intimiste, la basse qui soutient parfaitement les morceaux, les batteries légèrement groovy de Robbie Kuster, les claviers et le piano de Connor Molander, la flûte et le saxophone d’Alex Francoeur, les chœurs d’Odessa Pagé et la grande puissance des arrangements de cordes du maestro Antoine Gratton
Pour répondre à la question du début : si la musique suit le rythme ? Oui, mais à certains moments, la voix de Bobby Bazini manque d’audace mais pas de nuances
Vous savez comme moi que cette expérience peut grandir et laisser naître un bijou brut de talent, mais la première fois, il faut apprivoiser où la magie mène Alors je vous invite à vous faire votre propre opinion
Pour ma part, Seul au cinéma est un excellent album dans sa langue maternelle, bien assumé Il reste à voir si la réponse sera vive ou discrète
Et comme il le dit si bien dans la pièce Et à la fin : « Tout arrive à qui veut vraiment »
Note : 7 /10
Chansons favorites :
- Élégante solitude
- Le jour est morne
- Et à la fin
- Seul au cinéma
- Février et le mauve