Date de sortie : 25 septembre 2026
Genre : Folk
Après plus de 20 ans à nous transmettre l’électricité de sa musique à travers une multitude de personnages, Dom Pelletier décide cette fois d’éteindre les projecteurs et de tomber le masque.
Du chanteur punk de The Hunters à son duo électro-pop New Bleach, en passant par la rock star de Caravane, son alter ego coloré aux allures du Prince Limonade de Bønanza, sans oublier la fameuse voix derrière le phénomène du jingle Mike chez RONA, Pelletier nous a habitués à changer de peau.
Avec Oiseau Migrateur, il ouvre maintenant un nouveau chapitre.
Un chapitre sans personnage, sans artifice et surtout sans détour.
Juste Dom Pelletier, sa voix, ses tripes et des chansons qui parlent de la vie.
Oiseau Migrateur, ce sont 12 pièces qui plongent directement dans une signature Québecana assumée.
On y retrouve un country terreux, un folk franc comme du bois avec ses nœuds, un bluegrass marécageux et festif, quelques effluves de gospel blues et même une touche de psychédélisme.
Ce n’est surtout pas un album lisse.
Ici, on ne passe pas par quatre chemins.
Les arrangements sont bruts, organiques et sans prétention.
Enregistré live, d’une traite, dans la Shed de Dany Placard, l’album conserve cette spontanéité qui donne l’impression d’être assis directement dans la pièce avec les musiciens.
Avec son complice de toujours, Raphaël Potvin, Dom Pelletier met tout son p’tit change sur la table.
Il y met ses tripes, ses peurs, ses doutes et cette voix rauque qui semble avoir vécu chacune des histoires qu’elle raconte.
Il y a les peurs qu’on tente de clancher, les angles morts de la vie, l’amour, le deuil, les expériences qui nous rendent un peu moins cons en vieillissant, le temps qui passe et les traces qu’il laisse derrière lui.
La paternité y trouve également sa place, tout comme les chemins empruntés pour atteindre ses rêves, sans jamais avoir à faire de courbettes devant un système qui voudrait nous vendre une définition préfabriquée du bonheur.
La plume de Pelletier navigue quelque part entre Vallière, Fred Fortin et Bruce Springsteen, mais sans jamais s’égarer dans le pays des beaux discours.
Ici, pas besoin de grandes phrases pour impressionner.
On mise plutôt sur le ressenti, l’authenticité et cette capacité à mettre des mots sur ce qui fait mal, ce qui fait rire et ce qui nous fait avancer.
Musicalement
Musicalement, Oiseau Migrateur puise profondément dans le folk Québecana, tout en laissant entrer plusieurs influences.
Les guitares acoustiques côtoient le banjo, la mandoline, quelques guitares électriques aux accents rock seventies, le pedal steel, les orgues, le Wurlitzer, les chœurs, le piano, l’harmonica et un violon laissé presque à nu.
Mais l’instrument principal demeure sans doute cette voix déraillée et rocailleuse de Pelletier.
Une voix imparfaite, parfois éraillée, mais justement : c’est ce qui la rend aussi puissante.
Plutôt que de chercher à corriger chaque fissure, on choisit de préserver l’essentiel. Le feeling. La spontanéité. L’humain.
Qu’il chante les méchantes débarques de chums, un deuil encrassé de tristesse, la famille, l’amour ou simplement cette drôle de patente qu’on appelle la vie, Pelletier ne joue pas de jeu.
Il chante vrai.
Oiseau Migrateur porte finalement très bien son nom.
Dom Pelletier semble avoir pris son envol vers un territoire où il n’a plus besoin de se cacher derrière un personnage.
Un premier opus franc, brut et profondément humain, où les fleurs finissent par prendre leur revanche malgré les inégalités de la vie et cette grande course qui nous entraîne tous.
Ici, chaque note résonne sans chercher à séduire.
Ça gronde de vérité.
Note : 9/10
Chansons favorites
- Oiseau Migrateur
- Le creux de mes bras
- Clancher tes peurs — en duo avec Julie Aubé des Hay Babies
- Ça vend pas
- À tous les jours
- Chicane de salon


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