
Date de sortie : 12 septembre
Genre : Pop
Après le très mélancolique Autumn Variations (2023), Ed Sheeran, 34 ans, revient avec un huitième album tourné vers l’introspection et les épreuves qui l’ont marqué.
On le sait, Sheeran n’a jamais été le chouchou des critiques — et il ne cherche pas à l’être. Il reste fidèle à ce qui lui parle, sans compromis.
Avec Play, il livre 13 titres qui oscillent entre ballades pop folk mélancoliques, hymnes pop-funk sucrés, touches électro et incursions hip-hop. Une palette qui rappelle sa trilogie entamée en 2011, enrichie cette fois d’influences irlandaises, persanes et pendjabi.
La production, largement pilotée par Sheeran, s’appuie sur une équipe de fidèles collaborateurs : Blake Slatkin, ILYA, Cirkut, Johnny McDaid et Fred again.. Ensemble, ils façonnent une pop séduisante, éclectique, mais sans grande surprise.
Sur le plan des textes, l’artiste se penche sur sa paternité, ses souvenirs d’enfance et ses vingt ans de carrière, tout en abordant des zones plus sombres : accusations de plagiat, maladie de sa femme durant sa grossesse, ou encore la mort de son ami Jamal Edwards. Une plume qui balance entre nostalgie et mélancolie, parfois prévisible, mais sincère.

Musicalement, les guitares acoustiques folk côtoient des orchestrations plus rythmées, relevées de beats hip-hop et de synthés accrocheurs. De quoi séduire les radios, une fois encore. Mais le malaise pointe quand Sheeran s’aventure dans l’auto-tune façon Bon Iver ou la techno des années 90 : des choix plats, presque embarrassants. Comme Maroon 5 ou Coldplay, il tombe dans le piège d’une modernisation forcée qui affaiblit son identité.
Au final, l’album manque de relief.
Quelques belles idées émergent, mais l’ensemble sonne trop « pop bonbon », impression accentuée par une pochette rose bonbon assumée.
L’audace est là, mais le résultat demeure inégal et, globalement, décevant.
Note : 4/10
Chansons favorites :
- Old Phone
- A Little More