
Date de sortie : 20 mars 2026
Genre : Indie-Folk
Depuis Ocean Walk (2015), l’auteur-compositeur indie-folk Edwin Raphael, originaire de l’Inde et désormais installé à Montréal, crée une musique folk délicate et enveloppante, tissant de véritables paysages sonores.
Ses compositions invitent à l’évasion tout en provoquant un frisson discret, celui qui saisit l’auditeur dans les œuvres les plus sensibles.
Des EP comme Cold Nights (2017), suivis de l’album Will You Think of Me Later? (2019) et de l’EP Staring At Ceilings (2021), considéré comme une suite spirituelle, jusqu’à l’album Warm Terracotta (2023), ont progressivement affirmé sa signature musicale : intime, immersive et profondément émotive.
Avec I Know A Garden, Edwin Raphael franchit une nouvelle étape de son parcours.
Ce quatrième album s’inscrit comme un retour aux sources : un voyage dans son enfance et dans les étés passés au cœur de la jungle du Kerala, en Inde.
Composé de 11 pièces, l’album déploie un indie-folk éthéré et spacieux, oscillant entre introspection et nostalgie.
Un parfum de l’Inde se fond parfaitement dans son folk gracieux.
Par moments, des touches d’indie rock viennent enrichir l’ensemble, ajoutant texture et relief à un univers sonore qui rappelle parfois Coldplay, Ben Howard, Hollow Coves ou Kim Churchill.
Enregistré entre Montréal, le Kerala et Londres, l’album est coréalisé par Edwin Raphael et Connor Seidel, reconnu pour son travail auprès de Bobby Bazini, Half Moon Run, Matt Holubowski et Charlotte Cardin.
À travers cet opus, Edwin Raphael explore avec une finesse presque chirurgicale le sentiment d’appartenance et cette impression floue de ne jamais savoir exactement où se trouve le « chez-soi ». Dans sa poésie introspective, celui-ci devient moins un lieu concret qu’un état d’esprit façonné par les souvenirs et l’expérience.
L’album évoque également ce mélange d’émerveillement et de déracinement que chacun peut ressentir à certains moments de la vie.
Parmi les histoires de famille, l’une en particulier a inspiré ce disque.
Au cœur de la forêt, sa mère captura délicatement une libellule, y attacha un fil et la guida pour qu’elle dépose de minuscules cailloux dans les mains de ses enfants.
Pendant longtemps, Edwin crut avoir rêvé cette scène, jusqu’à ce que sa sœur retrouve une vieille cassette vidéo confirmant la magie de ce souvenir.
Entre tout cela, nous plongeons dans le regard d’un visiteur étranger, contemplant le miracle de notre planète, ou dans une méditation aquatique sur l’impossibilité de comprendre le mouvement d’un autre corps.
Une trace d’amour parcourt ces chansons, subtile et persistante.
L’album se présente comme un lieu d’équilibre et de paix intérieure où l’on peut se sentir en harmonie avec soi-même.
Il aborde également le poids des souvenirs qui nous façonnent et le paradoxe de la force intérieure, qui pousse, malgré les fractures de l’identité, à se reconstruire et à imaginer une nouvelle vie dans un paradis qui se construit selon notre perception.
Sa plume oscille avec élégance entre espoir, mémoire et désillusion, sans jamais sombrer dans le pathos, et Edwin Raphael nous envoûte à chaque mot et chaque note.

Au cœur de son univers, les guitares acoustiques feutrées et folk dessinent des paysages sonores délicats, tandis que son grain de voix aérien évoque à la fois Ben Howard et John Lennon.
La basse, teintée de soul, dialogue avec des pianos dynamiques et des batteries indie rock, ajoutant profondeur et mouvement à ses compositions.
Des cordes émouvantes et lumineuses renforcent l’émotion, accompagnées d’instruments traditionnels de l’Inde, comme le sitar.
La participation de Jordan Mackampa sur une chanson agit comme un écho lointain du passé, rappelant subtilement à l’auditeur qui il est et d’où il vient.
L’ensemble confère à I Know A Garden une atmosphère intime et expansive, où chaque instrument semble raconter une histoire, nourrissant un folk moderne, sensible et profondément émouvant.
Avec cet album, Edwin Raphael continue de prouver que la richesse de sa musique indie-folk n’a pas fini de nous faire voyager, autant vers l’intérieur que vers l’extérieur.
Il a trouvé refuge dans une maison, au creux inattendu de ses racines, comme un retour vers lui-même.
Après l’écoute de ce disque puissant, on en ressort grandi et émerveillé de ce jardin.
9/10
Chansons favorites :
- First Time On Earth
- A Sunbeam Lent To Us Briefly (avec Jordan Mackampa)
- It’s A Shame You Swim So Well
- Ballroom of My Memory
- Emerald To Gold
- Mosaic In The Sun
- Then There’s You
- Hymn For A Dragonfly
Be the first to comment