[Critique] Flore Laurentienne – Volume III

Date de sortie : 10 avril 2026
Genre : Classique

Il y a quelques mois, la pièce « Petit piano » s’est imposée comme thème d’une campagne publicitaire de la maison de luxe Louis Vuitton, mettant en vedette Jeremy Allen White et le rappeur Pusha-T.

Une visibilité qui a permis à Mathieu David Gagnon d’élargir encore davantage son auditoire — et à juste titre.

Depuis ses débuts, le compositeur poursuit une démarche artistique cohérente et en constante évolution. Volume I (2019) posait les bases d’un univers hybride, mêlant jazz, classique progressif et électro, tandis que Volume II (2022) en affinait les contours dans une approche plus organique.

Entre les deux, il proposait 8 tableaux (2024), une œuvre inspirée du peintre Jean-Paul Riopelle, partiellement composée en résidence au Musée des beaux-arts de Montréal, au cœur même des toiles de son artiste fétiche.

Aujourd’hui, Flore Laurentienne — projet porté par Mathieu David Gagnon — dévoile Volume III, un album qui vient clore cette trilogie tout en ouvrant un nouveau cycle.
Une fin qui agit aussi comme un recommencement.

Composé de huit pièces, l’album nourrit autant l’imaginaire de l’auditeur que celui du créateur.

On y retrouve une rencontre entre la rigueur du classique et la liberté de l’improvisation, portée par une esthétique évoquant les années 70.

Synthétiseurs et orchestre à cordes cohabitent avec la harpe, le piano et le EMS Synthi — ce mythique instrument qui a contribué à la signature sonore de Dark Side of the Moon de Pink Floyd.

Avec ce troisième volume, Flore Laurentienne approfondit une signature sonore déjà bien affirmée, où se tissent avec finesse éléments acoustiques et textures électroniques.

L’ensemble crée une musique à la fois immersive et magnétique.

Au cœur de l’album, la lumière agit comme fil conducteur.

Elle éclaire une exploration toujours plus poussée de la nature québécoise — son immensité, ses paysages, et la présence du fleuve Saint-Laurent. Mais au-delà de ces images, l’œuvre traduit aussi une quête intérieure : celle de faire émerger, dans un monde chaotique, des espaces de beauté, de calme et d’espoir.

 

Sur le plan musical, le projet gagne en richesse grâce au travail collectif réalisé en résidence et sur scène.

Le Minimoog y dialogue avec un quatuor à cordes, deux claviéristes et un percussionniste, dans une orchestration où chaque élément trouve sa place avec justesse.

Il en résulte une musique instrumentale à la fois lumineuse et cinétique, qui défriche des territoires sensibles et fait naître des paysages profondément évocateurs.

Cette trilogie se conclut ainsi avec une force organique, révélant toute la beauté et le caractère hypnotique de sa musique classique expérimentale.
Pour vivre pleinement l’expérience de la musique de Mathieu David Gagnon, faites tourner le Volume III à plein volume sur un tourne-disque et laissez ses mélodies s’ancrer dans chaque écho de votre corps.

On en ressort émue, ébloui et rempli de sérénité.

9/10

Chansons favorites :

  • Le temps
  • Fleurs
  • Régates
  • Fleuve VII
  • Fleuve VIII
  • Petit matin

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