[Critique] Gorillaz – The Mountain

Date de sortie : 27 février 2026
Genre : pop

Après le très pop Cracker Island (2023), qui sonnait comme une playlist Spotify efficace mais prévisible, Gorillaz retrouve un véritable souffle créatif.

Là où la formule commençait à paraître prémâchée, presque automatique, le groupe insuffle ici une nouvelle énergie à son univers.

Sur ce neuvième opus, The Mountain Gorillaz explore la dichotomie entre la vie et la mort, ainsi que le chemin fragile qui les relie.

Le concept redonne de la profondeur à un projet qui, depuis Humanz, semblait parfois fonctionner en pilote automatique.

Il ne s’agissait pas d’albums ratés, mais d’une mécanique qui tournait en rond, multipliant collaborations et formules déjà éprouvées.

Cette fois, la machine est relancée.

L’inspiration paraît plus organique, moins calculée.

On sent une volonté de bousculer les habitudes, de sortir du confort pop pour renouer avec une identité plus audacieuse et imprévisible.

Composé de 15 titres, le neuvièmes opus  s’écoule avec une inspiration puisée dans des rythmes de musique indienne, enrichis de cordes symphoniques, d’électro-pop aux accents eighties, de synth-funk, de hip-hop, de dream pop et même de disco psychédélique.

L’ensemble forme une palette sonore dense mais cohérente, où les textures modernes rencontrent une dimension plus spirituelle.

Produit par Gorillaz, James Ford, Samuel Egglenton et Remi Kabaka Jr., entre autres, l’album propose des morceaux nourris par un regard renouvelé sur l’existence.

Cette orientation s’inscrit notamment dans une réflexion autour de l’hindouisme, de la réincarnation et de la spiritualité, des thèmes renforcés par le décès du pères de Damon Albarn  et la belle mère de  Jamie Hewlett à quelques jours d’intervalle, en mars 2023.

Le groupe puise dans l’épreuve du deuil pour interroger la frontière entre la vie et la mort, et le chemin invisible qui les relie.

À travers ces compositions, il explore la désorientation face à la condition humaine, dans un monde où l’on semble parfois préférer vendre la guerre plutôt que célébrer l’amour.

Les paroles prennent des allures de méditations lucides sur notre époque.

Au-delà de son ambition musicale, l’album se présente comme une véritable thérapie ouverte.

Il affronte la tragédie sans détour, cherchant un sens au désespoir afin de préserver, malgré tout, une forme de foi en l’existence.

 

 

 

 

Musicalement, on sent que Gorillaz a puisé une grande partie de son inspiration dans son voyage en Inde, une expérience qui semble avoir profondément nourri sa créativité.

L’album se situe quelque part entre Demon Days et Plastic Beach, combinant la noirceur mélodique du premier à la richesse orchestrale et conceptuelle du second.

Les compositions font ressortir les sitars, les guitares texturées, les flûtes, les voix aux inflexions singulières et les synthés rayonnants.

L’atmosphère oscille entre spiritualité, tension moderne et envolées psychédéliques, portée par une impressionnante liste d’invités qui marquent chacun les morceaux de leur identité.

On note notamment la participation posthume de Mark E. Smith et de Dennis Hopper, dont les interventions ajoutent une dimension presque spectrale au projet.

Parmi les collaborateurs figurent également :

  • Ajay Prasanna
  • Amaan Ali Bangash
  • Ayaan Ali Bangash
  • Anoushka Shankar
  • Asha Bhosle
  • Asha Puthli
  • Bizarrap
  • Sparks (présents sur The Happy Dictator)
  • IDLES
  • Black Thought
  • Johnny Marr
  • Omar Souleyman
  • Yasiin Bey
  • Paul Simonon
  • Jalen Ngonda
  • Gruff Rhys
  • Trueno (également présent sur The Manifesto)

Cette diversité d’influences et de voix renforce le caractère global et spirituel de l’album, tout en redonnant à Gorillaz une ambition artistique qui dépasse la simple mécanique pop.

Le groupe semble retrouver un sens à sa musique dansante mais profondément spirituelle, invitant à s’ouvrir à plus grand que soi.

Note : 9/10

Chansons favorites :

  • Damascus (avec Omar Souleyman et Yasiin Bey)
  • The Mountain (avec Dennis Hopper, Ajay Prasanna, Anoushka Shankar, Amaan Ali Bangash et Ayaan Ali Bangash)
  • Orange County (avec Bizarrap, Kara Jackson et Anoushka Shankar)
  • The God of Lying (avec IDLES)
  • Delirium (avec Mark E. Smith)
  • The Shadowy Light (avec Asha Bhosle, Gruff Rhys, Ajay Prasanna, Amaan Ali Bangash et Ayaan Ali Bangash)
  • Casablanca (avec Paul Simonon et Johnny Marr)
  • The Happy Dictator (avec Sparks)
  • The Manifesto (avec Trueno et Proof)
  • The Hardest Thing (Avec Tony Allen)

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