[Critique] JF Pauzé – Les amours de seconde main

 

Date de sortie : 3 octobre
Genre : Folk

Après une période douloureuse, empreinte de deuil, d’indécision et d’introspection sur la suite à donner à sa vie après plus de trois décennies à écrire pour les Cowboys Fringants, JF Pauzé croyait avoir tourné la page de la musique.

Pourtant, elle est revenue frapper à sa porte, lui offrant un second chapitre en tant qu’auteur-compositeur-interprète.

Avec Les amours de seconde main, Pauzé puise dans un premier journal intime sonore, un opus sous son propre nom.

Il enfile à nouveau les bottes pour nous offrir onze pièces comme un polaroid lucide et tendre du monde actuel, où se mêlent désillusion, humanité et résilience.

On retrouve ici ces sonorités familières de folk festif et engagé, où la condition humaine et nos éternelles querelles s’entrecroisent.

Sous la réalisation impeccable de Gus Van Go et Daniel Lacoste, l’album trouve un juste équilibre entre la voix singulière de Pauzé et un sentiment de retrouvailles réconfortant.

Entre Tom Waits, Plume Latraverse, Stephen Faulkner et Bernard Adamus, JF Pauzé s’inscrit dans la lignée des conteurs désabusés, lucides et profondément humains.

Enregistré entre le Studio Pierre Marchand (Montréal), le Studio Giant (Toronto) et La Petite Corneille (Rawdon), l’album déploie une chaleur organique et une authenticité palpable.

JF Pauzé y pose une voix assumée sur des chansons à la verve piquante, teintées d’un humour sarcastique et d’un cœur en miettes qui continue pourtant de chanter la vie. Bien sûr, il évoque la perte de son vieux chum Karl Tremblay, l’état du monde, les voyages qui nous forment, avec une plume qui résonne, toujours aussi familière. Oui, parfois, ça sonne très Cowboys Fringants… mais surtout, ça sonne comme un album-thérapie, une traversée du deuil et de l’après, portée par un homme en quête de sens.

 

 

 

Musicalement, on retrouve des guitares acoustiques et électriques entre le blues et le folk, de l’harmonica, des claps, de la batterie, du violon, de la cornemuse, des chœurs et des couches de mélodies qui naviguent entre les zones grises de nos vies et les ciels éclaircis de nos refrains rassembleurs. Non, ce n’est pas du Cowboys Fringants, mais bien du JF Pauzé, à nu, qui se livre avec sincérité.

C’est sincère, touchant et réchauffant : un disque qui, à chaque écoute, nous rappelle pourquoi on avait tant besoin de découvrir sa voix en solo.
JF Pauzé signe un premier opus savoureux, juste assez piquant pour divertir les oreilles — le parfait timing pour passer la moppe sur nos déceptions et chanter l’amertume de notre quotidien comme une thérapie à ciel ouvert dans notre voiture.

Note : 9/10

Chansons favorites :

  • Le clash
  • Ballon-sonde
  • Fond d’pichet sale de sangria
  • Emmêlé dans ses ch’veux
  • Les amours de seconde main
  • La route du Nord